Chapitre 1.
Dans l'ombre d'une nuit noire , la silhouette d'une jeune femme se dessine.
Elle marche , sans aucun but précis , ses yeux fixant le ciel en attendant de croiser le regard d'une étoile.
Elle sait qu'elle joue avec le feu en se promenant ainsi , seule , à deux heures du matin dans les petites
rues de Tel-Aviv mais elle ne réfléchie pas , elle suit simplement ce besoin de s'aérer ,
de ne pas rester enfermée chez elle comme elle le fait depuis un mois maintenant.
Son quotidien se résume à sortir pour travailler , accomplir les missions que l'ont lui confient
et rentrer dans son petit appartement , pour ensuite tourner en rond et finir en pleurs sur son lit.
Une triste routine s'est installée dans sa vie , mais elle ne fait rien pour l'en chasser ,
elle se contente de la subir. Dans son esprit plus rien n'a de sens depuis qu'elle est montée dans cette avion
pour retourner en Israël et abandonner derrière elle sa nouvelle famille , ses amis , sa raison de vivre.
Ces souvenirs amères l'amènent à s'installer sur l'herbe fraîche d'un petit parc , en retrait du centre ville.
Elle s'allonge , les mains derrière la tête , fixant toujours le ciel de ses yeux noirs.
Les larmes resurgissent alors quand elle tente de se remémorer la dernière fois qu'elle les a vus ,
dans des circonstances déplaisantes dont elle se serai volontiers passée...
Flash Back.
Aéroport de Washington , 10h00.
Sept personnes marchaient , côté à côté au milieu de la foule qui remplie le hall de l'aéroport.
Aucuns ne parlaient , ne voulant pas briser ce moment si particulier.
Ziva avançait , tenant sa valise d'une main tremblante et ravalant tant bien que mal le flot de larmes
se préparant à sortir. Tony , voyant son mal être , proposa :
« - Tu veux que je te la porte ? »
« - Non c'est bon , merci . » dit-elle , un petit sourire forcé sur le visage.
Il l'a stoppa alors , reculant un peu pour laisser le passage au autres membres de l'équipe ,
puis la fixa droit dans les yeux.
« -Arrêtes Ziva. » dit-il simplement.
«- Arrêtez quoi ? »
«- De jouer à çà. Faire semblant d'être forte alors tu meurs d'envie de courir dans le chemin inverse ,
pour rester ici. » expliqua t-il.
« - Je... C'est faux !» bafouilla t-elle , génée , ne sachant que dire , face à cette vérité.
Il ne répliqua rien , prenant la valise sans qu'elle n'oppose aucune résistance , ce qui le confirma dans son idée.
Ils continuèrent ainsi leur chemin , replongeant dans ce silence de glaçe tellement insupportable pour
la jeune israëlienne.
Ils arrivèrent enfin devant la porte d'embarquement. L'avion était en retard , comme souvent ,
ils avaient donc un peu de temps devant eux.
«- Quelqu'un veux un café ? » proposa Tony.
Tous répondirent par l'affirmative , ayant besoin d'un petit rémontant.
Tony sourit à la vue de toute ses mains levées en même temps , comme au temps de l'école.
Son estomac se serra alors , comprenant que dans peu de temps tout cela n'aurait plus lieu d'être et
que leurs chemins se sépareraient , qu'ils le veuillent ou non.
« - Je t'accompagne ! » s'exclama Ziva , voulant à tout prix bouger.
« - Deux mains de plus ne seront pas de trop pour ces drogués du café ! » dit-il sur le ton de la plaisanterie,
ce qui eut l'effet escompté.
Tous se mirent à rire , emplissant le hall de leur joie passagère , qui aux yeux des autres ,
passait pour un véritable moment de bonheur. Les deux amis prirent le chemin d'une petite cafétéria.
« - J'en reviens toujours pas... » commençà Ziva.
« - Moi non plus. Ca me semble tellement irréel , je n'avais jamais imaginé qu'un jour nous serions repartis ainsi ,
de part et d'autres du monde. »
« - Tu pars quand ? »
« - Dans une semaine , le temps que le direc...Vance ne règle quelques petits détails. »
« - Je le déteste. C'est peut être enfantin , mais je peux pas l'encadrer depuis le jour où il a prit
ces décisions pour nous. »
« - Je crois que je n'accepterai jamais le fait qu'il prenne la place de Jenny. »
« - Elle est irremplaçable. Il ne sera jamais à la hauteur , je le sens. »
Leur conversation prit fin quand ils passèrent les portes d'un restaurant.
Ils en resortirent un quart d'heure plus tard , des gobelets de la boisson favorite de l'équipe dans les mains.
Ils les distribuèrent et s'installèrent pendant que les autres parlaient de tout et de rien.
« -L'avion en partance de Tel-Aviv est prêt. Les passagers sont priés de se rendre le plus vite possible à la
porte d'embarquement. » annonçà une voix , une demie heure plus tard.
Les sept personnes se levèrent d'un même mouvement. Tous fixaient Ziva .
« - J'ai été très content de vous avoir dans mon équipe Ziva.Vous allez nous manquer. » dit Gibbs ,
tout en la prenant dans ses bras , geste inhabituel.
« - Merci de m'avoir acceptée surtout. » ajouta t-elle , sincère.
« - Oh Ziva , tu vas me manquer ! » s'exclama Abby en prenant à son tour la jeune femme dans ses bras.
« - Toi aussi Abby tu vas me manquer. Je n'aurais plus personne pour me faire des câlins à m'en étrangler. »
dit-elle , souriante.
« - Tais-toi sinon je vais être obligée de monter dans l'avion avec toi en forçant les barrages. »
répliqua t-elle. « - Tu promets de nous appeler ? »
« Bien sûr ! »
Ducky se rapprocha alors de Ziva et l'enlàçà une dernière fois.
« - Les bureaux vont faire vide sans vous ma chère.
Qui va venir cherchez les rapports toujours souriante maintenant ?»
« - Vous allez me manquer Ducky. Vous avez tellement fait pour moi... » dit-elle ,
les larmes remontant de plus en plus vite.
Elle s'approcha alors de McGee qui n'osait pas faire le premier pas , et lui déposa un énorme baiser sur la joue.
« - Je te laisse le soin de martyriser Tony maintenant Tim. »
« - Avec plaisir. Tu vas me manquer Ziva. »
« - Toi aussi. » ajouta t-elle en le prenant dans ses bras.
Puis vint le moment qu'elle avait tant redouté.
Elle ne se sentait pas capable de faire ses adieux ainsi mais elle n'avait pas le choix.
«- Tony... » commençà t-elle , mais les larmes l'empêchèrent de continuer plus loin.
« - Viens par là. » dit-il en tendant les bras.
Elle alla sans hésiter s'y blottir. Il lui caressa doucement les cheveux ,
lui murmurant des petits mots réconfortants. Leur étreinte dura un moment et quand elle prit fin ,
la jeune femme regarda son collègue , dans les yeux , disant simplement :
« - Merci. »
Un merci profond , qui signifiait beaucoup plus que tout ce qu'elle avait pu faire auparavant.
Puis dans un dernier signe de main envers ses amis , elle s'effaçà au milieu de la foule.
Fin du Flash-back.
Entre temps , la jeune femme s'était relevée , prenant le chemin inverse pour rentrer chez elle.
L'israelienne redoutait cependant le moment où elle devrait se glisser dans ces draps et que ce
cauchemard reviendrai la hanter.
Ziva n'était plus que l'ombre d'elle-même.
Chapitre 2.
Il était trois heures du matin quand Ziva poussa la porte de son appartement.
Elle jeta ses clés sur le petit guéridon de son couloir tout en lâchant un énorme soupir puis
se laissa tomber sur son canapé. Elle remit d'une main ses cheveux en ordre et entreprit de contempler
intensément le téléphone , habitude qu'elle avait prise depuis son retour. Sa main hésitait à s'en approcher ,
par crainte de ce qu'elle trouverai derrière mais finalement elle composa avec une rapidité surprenant
le numéro de portable de Tony.
Un ... Deux...Trois...Quatre...
« - Ce numéro n'est plus attribué. Veuillez vous assurer d'avoir composé le bon numéro... »
Elle appuya férocement sur la touche rouge et lançà le téléphone contre le coussin à l'autre bout de son sofa.
Un mois qu'elle essayait en vain de joindre son ami et qu'elle tombait sur ce message pré-enregistré.
Le faisait-il exprès ou bien avait-il seulement oublié de l'informer de ce changement ?
Elle n'avait pas pu lui donner sa nouvelle adresse mais si il avait réellement voulu avoir de ses nouvelles ,
n'aurait-il pas chercher ?
Les mêmes questions sans réponses tournaient en boucle dans sa tête.
Surtout que ce message réapparaissait même quand elle tentait d'appeler au NCIS.
L'idée d'un complot lui effleura l'esprit mais elle la chassa bien vite , pensant que tout cela était absurde.
Décidant qu'elle n'allait pas passer sa nuit à réfléchir à de possibles hypothèses ,
elle gagna d'un pas lent sa chambre.
Elle enfila sa nuisette avant de se glisser à travers les draps frais de son lit ,
callant confortablement sa tête sur son oreiller et fermant les yeux.
Elle s'endormie rapidement , la fatigue de la journée allongée ce faisant ressentir dans tout ses muscles.
Mais à peine eut-elle plongée dans un sommeil profond que ce cauchemard ,
présent depuis trois semaines faisait son retour.
Ziva marchait d'un pas tranquille dans les rues de Washington , évitant les passants en cette heure de la journée.
Le temps est magnifque , le soleil est à son zénith faisant profiter de sa chaleur aux plus chanceux.
La jeune femme est souriante , ses cheveux virvoletent au gré de la fine brise de vent.
Ses pas la conduise devant un immense bâtiment imposant , en plein centre-ville.
Ce sont incontestablement les locaux du NCIS.
Elle en pousse la grande porte cochère et pénètre dans le hall , vide de toute présence humaine.
N'y prêtant aucune attention , elle monte dans un des ascenseur qui la mène jusqu'au niveau de son ancien bureau.
Les portes s'ouvrent et les lieux semblent vides.
Il n'y a aucun bruit , pas le moindre chuchotement ou bruit de pas.
Elle continue cependant d'avancer , son poul s'accélérant à chaque mouvement et s'emplifiant dans les néants
du vide.
Quand elle arrive enfin au niveau de son lieu de travail , Vance est au milieu de l'allée , le regard mauvais ,
à vous glaçer le sang. Elle le fixe jusqu'au moment où il sort une arme de sa poche et la pointe vers elle.
« - Je me suis déjà chargé de vos amis qui se trouvaient être un peu trop encombrant.
Il ne manquait plus que vous mademoiselle David. » dit-il , en appuyant sur la détente.
« - Non ! » hurla Ziva , en se réveillant en sursaut.
Son front était perlé de petite goutte de sueur et l'on pouvait entendre son c½ur battre à des kilomètres à la ronde.
Elle se laissa tomber sur son oreiller , tentant de reprendre sa respiration qui était sacadée. Il lui fallut un long moment avant de reprendre ses esprits et regarder le réveil. 11h00. Un record.
Elle s'extirpa de son lit et alla dans sa cuisine , se préparer un café bien sérré pour lui remettre
les idées en ordre. La jeune femme s'installa sur une chaise et fixa la ville de sa fenètre.
Sa ville , le lieu de son enfance , là où elle aurait dû être heureuse en ce moment précis.
Tellement de souvenirs la rattachaient ici , elle s'en souvint alors , en comprenant les raisons de son désaroi.
Ce cauchemard était en train de la tuer à petit feu , en faisant remonter à la surface sa pire crainte.
Elle devait oublier. Reprendre sa vie ici , se retrouvez. A tout prix.
D'un geste machinal , Ziva déposa la tasse vide dans son évier et partit dans sa chambre ,
ayant dans l'idée de rechercher un objet dont elle ne s'était plus servie depuis un long moment.
Elle ouvrit en grand la porte de son armoire , la vidant des vêtements qui l'encombrait ,
jetant le tout sur son lit , ne voyant toujours pas ce qu'elle tentait de retrouver.
Elle prit alors une chaise et monta dessus , de manière a avoir une vue d'ensemble de son rangement.
Elle l'aperçut enfin , au fin fond d'une étagère , ranger entre deux pulls.
Elle s'empressa de le saisir de descendre de son pied d'éstal.
Son vieux jogging...
Elle ne s'en était jamais servie depuis son retour , le condamnant à rester enfermer dans un placard
à l'abri de la lumière et de l'air. Aujourd'hui cependant , elle en avait terriblement besoin.
Courir.
C'était ce qu'elle faisait quand elle avait l'envie de réfléchir et de détendre son esprit pour repartir du bon pied.
En ce moment , il avait une autre signification , bien plus complexe.
Elle avait elle-même du mal à en saisir le sens mais elle était certaine que cela l'aiderait
à enfin voir la fin du tunnel.
Elle l'enfila , doucement et ressentit toutes les sensations qu'elle avait pu avoir en le portant.
Elle attrapa un élastique sur sa table de nuit et se noua les cheveux tout en sortant de son appartement.
Près de chez elle se trouvait un immense parc , un peu comme celui où elle courrait à Washington ,
qu'elle s'empressa de rejoindre. Il y avait peu de monde à cette heure-ci ,
elle put donc courir à son rythme sans devoir éviter sans cesse des gens se trouvant sur son passage.
Les minutes défilaient sans qu'elle ne puisse s'arrêter , ne serait-ce que pour reprendre son souffle.
La jeune israëlienne était dans sa bulle , ne souciant de rien d'autre que de son allure de course.
Soudain , une énorme explosion de fit entendre devant elle. Elle ne distinguait que des nuages de
fumée montant sûrement du lieu de l'attaque. Elle accéléra encore , se rapprochant des décombres.
Une bombe venait de faire sauter un immeuble de 7 étages et déjà on en sortait des corps sans vie , sanglant.
Un malheureux spectacle se répétant depuis en plus ces derniers temps.
La population vivait dans la peur permanente de mourir et tous se précipitaient alors autour du lieu du drame ,
contemplant les dégâts.
« - Reculez tous ! Nous venons de trouver une autre bombe sous les décombres ! » hurla une voix.
Le c½ur de Ziva battait la chamade quand elle comprit ce qui lui avait manquée depuis toutes ces longues journées.
Les gens s'éxècutèrent et se précipitèrent le plus loin possible. Seule la jeune femme restait immobile
et silencieuse.
« - Pourquoi restez-vous ici mademoiselle ? » s'enquit un des hommes.
« - Je peux la désamorcer. » répondit-elle , d'un voix calme.
« - Vous savez , tout le monde nous a dit çà un jour. C'est trop dangereux , reculez. » lui intima t-il.
« - Je suis l'officier David , du Mossad. » rétorqua t-elle en sortant sa plaque ,
qu'elle gardait constamment sur elle.
« - Eh bien... »
« - Vous allez me laisser y aller. Sans broncher , c'est clair ? » dit-elle en le toisant du regard bien
qu'il fit facilement une tête de plus qu'elle.
« - Allez-y. » fini t-il par dire , d'un ton malheureux tout en soulevant la barrière de sécurité.
« - Merci. »
Elle avança doucement , prenant garde où elle marchait. Les personnes qui s'étaient éloignés la regardaient ,
tout ce se demandant ce qu'elle faisait.
L'adrénaline lui coulait dans les veines et l'emplissait d'une grande sensation de bien être ,
qui pourrait presque la rendre euphorique si les circonstances étaient différentes.
Elle arriva devant la bombe dont sortait un petit bruit qui ferait peur à n'importe qui.
Elle regarda la minuterie , qui affichait 5 :00 minutes ,
cela lui laissant donc que peu de temps pour désactiver le mécanisme.
Ziva se baissa , de manière à la voir de plus prêt et c'est là qu'elle comprit que l'enjeu était de taille.
Elle toucha à bon nombre de fils , en coupant et en laissant à la même place.
Les secondes lui parurent une éternité quand soudain , le temps affiché s'éteignit et le bruit cessa de retentir.
Elle était vivante.
Elle fut extrèmement soulagée quand elle regagna la foule.
L'homme qui avait accepté de la faire entrer la dévisageait.
« - Vous avez réussi à... » bafouilla t-il.
« - Oui. Un jeu d'enfant. » dit-elle tout en repartant sans demander son reste.
Elle se sentait étrangement bien. Légère et heureuse , ce qui ne lui était pas arrivée depuis longtemps.
Elle venait de trouver la clef de son problème et ce dont elle avait besoin pour vivre.
Elle avait besoin de danger , de risques et d'une bonne dose d'adrénaline dans les veines.
Et elle ferait n'importe quoi pour l'obtenir...
« L'attente , le moment le plus insupportable. Quand nous savons ce que nous désirons et que nous sommes prêts à tout pour l'obtenir , on ne peut pas attendre. On voudrait briser les lois du temps pour nous conduire à cet instant précis , le moment où nos désirs se réaliseront. Impossible. Alors pendant ce temps , on cherche , tout en essayant de provoquer le destin...A nos risques et périls. »
Une semaine que Ziva avait enfin trouvée la clé de ce bonheur illusoire qu'elle pensait pouvoir la sauver.
Cette réponse qui lui était apparue une après-midi , après avoir mis sa vie en jeu , pour le plaisir.
Pour le simple plaisir de ressentir ses frissons lui parcourant le corps , de sentir l'adrénaline lui couler
dans les veines.
Elle se sentait vivre , ce sentiment de liberté qui l'envahissait lui montrait à quel point la vie n'était
qu'un jeu dont nous étions le maître. Rien de plus , rien de moins. Elle était maîtresse de sa vie.
Elle enverrait balader le destin si celui-ci se mettait en travers de son chemin.
Cette petite route qu'elle s'était dessinée dans son esprit.
Son avenir.
La lumière du jour filtrait à travers les rideaux de sa chambre , emplissant la petite pièce d'une jolie couleur
dorée qui vint caresser les yeux de la jeune femme.
Elle eut tout d'abord pour premier réflèxe de fermer encore plus fort ses prunelles , pour que le noir revienne.
Elle grogna , puis se mit sur le ventre , la tête dans l'oreiller , espèrant échapper au réveil.
Mais une sonnerie retentit alors , telle un cri strident à vous en percer les tympans.
Elle se maudissa de l'avoir enclencher la veille , avant de l'éteindre , les yeux toujours clôt ,
en y plaquant son poing , ce qui eut l'effet escompté. Elle soupira alors d'aise ,
s'étirant longuement au milieu de son lit.
Plus de cauchemars depuis huit jours. Des nuits vides , reposantes et calmes.
Les séquelles du mois passé semblaient s'effacer au fur et à mesure des jours ,
bien qu'elle repensa de temps en temps à son passé , avec une certaine nostalgie.
Mais ce n'était plus aussi douloureux , son ventre ne se tordait plus à l'évocation de ses souvenirs ,
les larmes ne resurgissaient pas.
La source s'était enfin tari.
Elle se leva doucement , envoyant ses draps à l'autre bout de son lit.
Elle remit ses cheveux en place d'une seule main en se dirigeant vers la fenètre et l'ouvrant en grand.
L'air frais vint lui fouetter le visage , ce qui lui fit le plus grand bien et acheva de la réveiller.
Puis elle se dirigea vers son armoire ,
prit les premiers vêtements qui lui passaient sous la main et rejoint sa salle de bain ,
toujours en ne se pressant pas.
Elle se glissa sous le jet d'eau chaude , puis ferma les yeux , profitant de cet instant de bien être ,
sûrement le meilleur de la journée. Les minutes défilèrent quand elle se décida à prendre sa serviette
et à s'enrouler dedans.
Elle coiffa dans un mouvement régulier ses long cheveux bruns , bouclés et s'habilla l'instant suivant.
La jeune femme alla alors dans la cuisine , se préparant un café pour seul petit-déjeuner.
Comme toujours.
Elle le but brûlant , la chaleur lui picotant la langue et lui réchauffa le corps , avant de ne déposer
la tasse dans l'évier.
Avant de partir , elle prit ses clés sur le meuble de l'entrée et claqua la porte tout en la vérrouillant.
La journée commençait.
Elle mit le contact et prit la route. Son allure était normale , suivant les indications mais dès qu'elle
fut engagé sur la grande route , son pied appuya plus fort sur l'accélérateur , faisant monter l'aiguille
au plus haut.
Elle aimait la vitesse , le sentiment que cela lui procurait.
C'était le seul moyen qu'elle avait trouvée pour provoquer les choses , ou pour donner un peu d'action à sa vie.
La chance lui souriait , elle n'avait jamais eue d'accidents ,
malgré les virages prit de justesse et les freinages d'urgence.
Elle lançà alors sa radio , et une magnifique musique envahit l'habitacle.
Speeding Cars-Imogen Heap
Prise dans la mélodie de cette chanson , elle ferma un instant les yeux , pour savourer encore plus la douceur de ce chant , s'évadant dans un ailleurs que seule elle connaissait.
Un instant. Un seul.
Elle n'avait pas réfléchie , elle avait quitter la route juste un instant des yeux.
Rien qu'un peu. Mais tout se joua dans ces quelques secondes d'innatention.
Elle perdit le contrôle de sa voiture et n'eut pas le temps de tourner le volant qu'elle alla s'encastrer
dans une des barrières qui longaient la route.
Elle ne sentait plus rien , n'entendait plus rien. Elle lutta pour garder les yeux ouverts , mais rien n'y fit ,
ils se fermèrent d'eux même.
elle eut l'impression de mourir
Elle planait. Elle avait l'impression d'être allongée dans un nuage blanc , quelque chose de doux , de moelleux...
Elle se sentait bien , ne ressentant plus rien.
Mais une sensation au creux de sa main l'a fit redescendre sur Terre. Un mouvement doux dans sa paume ,
une impression de chaleur dans tout son corps qui l'obligèrent à garder les yeux clôt.
Elle profitait de ce moment de bien être , ne sachant pas où elle se trouvait , ni même ce qu'elle faisait.
Elle était bien.
« - Tu n'es toujours pas décidée à te réveiller hein ? » murmura une voix.
Elle connaissait ce son , il lui semblait l'avoir entendu des dizaines et des dizaines de fois dans
les plus lointain de ses souvenirs , mais elle n'arrivait pas à remettre un nom dessus.
« - Le jour où tu émerges , tu me préviens ? » continua la voix , inconsciente que la jeune israëlienne l'entendait.
Elle se souvint alors. L'image de son visage se dessina très nettement dans son esprit , comme une évidence.
Elle revoyait ses traits fins , son sourire rieur , ses grimaces si drôles...Lui.
C'était lui , elle en était certaine.
« - Je vais devoir y aller. S'il te plait réveilles-toi... » la supplia t-il une dernière fois.
Elle ne répondit rien. Il avait l'impression de parler ainsi dans le vide. Il se leva donc ,
mais à peine fut-il debout que la main de Ziva l'arrêta en serrant la sienne très fort.
Il ne bougea plus , fixant le corps immobile de la jeune femme. Avait-il rêvé ?
« - Ziva ? » demanda t-il dans un murmure.
C'est ce moment qu'elle choisie pour ouvrir les yeux.
Doucement , car ils n'étaient plus habitués à la chaude lumière de la saison. Elle le regarda longuement.
Elle ne s'était pas trompée.
« - Oh mon dieu ... » dit-il , dans un soupir de soulagement , sans pour autant lâcher la main de la jeune femme.
Il ne réalisait pas ce qui se passait. Il attendait ce moment depuis longtemps et voilà que son v½u avait été exaucé.
Il se rapprocha de lit , caressant les cheveux de Ziva.
« - Tu es enfin réveillée... »
« - Tony ? » demanda t-elle dans un souffle.
« - Rassurant , tu n'est pas amnésique . » dit-il dans un sourire. « - Oui c'est moi. »
« - Mais qu'est-ce que tu fais ici ? Qu'est-ce qui se passe ? Je dors depuis combien de temps ? » questionna t-elle ,
d'une seule traite.
« - Doucement sur les questions. » répliqua t-il en rigolant.
« - Je vais chercher les médecins , ils vont t'expliquer. »
Il commença à partir , mais Ziva ne le lâchait toujours pas.
Il se retourna donc vers elle , et vit dans ses yeux la peur.
De quoi , il ne savait pas , mais il ne supportait pas de voir çà.
« - Je reviens. »
Apparement , ce n'était pas convaincant , du moins pas assez pour son amie.
« - Je te le promets. »
A regrets , elle le libéra de son emprise , il put enfin quitter la chambre à la recherche d'un médecin.
Il revint environ cinq minutes plus tard , accompagné d'un homme d'environ 30 ans , blond ,
habillé comme tout médecin. Il se rapprocha du lit de la jeune femme et tout en prenant le carnet au pied
de son lit , il se présenta :
« - Je suis le docteur Carlisle Cullen , c'est moi qui est surveillé votre état et je vous avoue être
ravi de votre réveil , nous n'espèrions plus. »
« - Que m'est-il arrivée ? » demanda t-elle , impatiente.
« - Vous avez eu un accident de voiture. Vous rouliez apparement à une vitesse élevée et elle
s'est encastré dans une barrière. »
Elle ferma alors les yeux , essayant de se souvenir de cet évènement. Les flashs ne tardèrent pas à revenir.
La vitesse , cette sensation de liberté , cette envie de danger puis cette musique , à la fois calme et apaisante...
« - Ca va Ziva ? » questionna Tony , tout en posant sa main sur le bras de son ancienne partenaire.
« - Oui ne t'inquiètes pas. Docteur , quand pourrais-je sortir ?»
L'italien éclata alors de rire devant le regard ébahi du docteur Cullen et de Ziva.
Cette dernière dût d'ailleurs se rendre à l'évidence : ce rire lui avait manqué.
IL lui avait manqué , elle s'en rendit enfin compte alors qu'il était près d'elle par un miracle.
« - Tu es as peine réveillée que tu veux déjà sortir ! » s'exclama Tony.
« - Je déteste les hôpitaux. »
« - Vous savez mademoiselle Davd , quand on reste dans le coma deux semaines... »
« - COMBIEN ?! » hurla t-elle.
« - Vous êtes restée inconsciente 15 jours environ , vous ne pourrez sortir qu'après des analyses et un peu de repos.
Dans une semaine environ. »
Elle marmonna des mots incompréhensibles , mais qui de loin semblait être des jurons ou du moins
des choses s'en approchant.
« - Je vais vous laisser vous reposer maintenant. » dit-il à l'attention de Ziva.
« - Monsieur , les visites sont finies. »
« - Juste cinq minutes s'il vous plait. » demanda Tony.
« - Bien. »
Carlisle quitta la chambre , pendant que l'italien s'asseyait sur le bord du lit de Ziva en lui reprenant la main.
« - Tu sais que j'ai eu la peur de ma vie ? » commença t-il.
« - Désolée...Je ne sais pas vraiment ce qui m'a pris... »
« - Tu es réveillée maintenant c'est tout ce qui compte. » dit-il dans un sourire.
« - Comment tu as su que j'étais ... ? » demanda t-elle.
« - C'est une très longue histoire. Tu dois te reposer. » éluda t-il en se levant.
« - Je repasse te voir demain. »
Il lui déposa un baiser sur le front puis quitta la chambre. Ziva , elle ne bougea pas d'un centimètre.
Elle avait prit des risques pour oublier. Son passé , ses amis , sa famille , lui.
Et voilà qu'il réaparaissait alors qu'elle commençait à aller mieux.
Mais elle ne lui en voulait pas , elle avait comprit qu'elle s'était voilée la face inutilement.
Elle ne pouvait pas oublier.
Un jour , elle lui avait dit que c'est parfois en s'éloignant d'une personne qu'on se rend compte de
la valeur qu'elle avait à nos yeux.
C'est exactement ce qui était en train de leur arriver....
« - Ca suffit ton petit jeu maintenant ! » s'exclama Ziva , tout en continuant de rouler en boule
ses affaires et de les fourrer dans sa valise.
« - Quel petit jeu ? » demanda Tony , appuyé contre le mur derrière la jeune femme , les bras croisés.
« - Fais pas le malin ! Ca fait une semaine que tu esquives ma question ! » continua t-elle ,
toujours sur le même ton.
« - Tu avais besoin de repos , et non pas d'une dose de soucis supplémentaire. » répliqua t-il , calmement.
« - Je n'ai absolument pas besoin de toi pour... » commença t-elle.
« - Je vous apporte votre feuille de sortie mademoiselle David. » annonça une jeune infirmière
qui venait tout juste de rentrer dans la pièce.
« - Merci. » dit Ziva d'un ton sec tout en prenant brusquement la feuille des mains de la jeune
femme qui ne comprenait rien de ce qui se passait.
L'infirmière partie , l'israelienne reprit ses gestes machinaux , de plus en plus rapidement , quand elle explosa.
« - Pourquoi tu n'as rien voulu me dire ?! »
« - Je ne voulais pas que tu t'inquiètes... » répliqua t-il.
« - Eh bien c'est raté , crois-moi ! Et pourquoi aurais-tu voulu que je m'inquiète ?
Peut être est-ce parce que... »
« - Calme toi. » tenta t-il en arrêtant le bras de la jeune femme qui faisait des gestes de plus en plus brusques.
« - Que je me calme ?! Je ne sais même pas par quel miracle tu as atterris ici ,
ni même pourquoi et tu me demandes de me calmer ! » cria t-elle.
Tony fixa alors ses yeux dans ceux de son amie , de manière à capter son attention et il reprit d'un ton plus calme.
« - Oui je te demande de te calmer. De un parce que si tu continues comme çà ,
tu vas nous faire un arrêt cardiaque avant l'heure et de deux en rangeant tes affaires ainsi ,
tu auras beaucoup de repassage en rentrant chez toi. » dit-il dans un sourire.
« - Mais.... » tenta t-elle de répliquer.
« - Chut. » lui intima t-il tout en posant son doigt sur la bouche de Ziva.
« - Je vais t'expliquer. Dans la voiture. »
« - Promis ? » demanda t-elle.
« - Je te le jure. »
Trop tard. Il ne pourrait plus reculer. Il allait devoir tout lui dévoiler alors qu'il la
pensait plus en sécurité tant qu'elle serait ignorante.
Il l'avait également pensé en sécurité loin de ses secrets , loin de l'Amérique et du NCIS où les temps étaient durs
, mais il s'était trompé. Alors après tout ?
Cela faisait maintenant dix minutes que Tony et Ziva avait pris la route de l'appartement de cette dernière.
Le silence s'était malheureusement installé alors qu'ils auraient dû parler de tout. De tout ce qui arrivait.
Il aurait du lui expliquer mais il n'osait pas faire le premier pas. Il reculait l'échéance.
« - Tony ? » commença alors la jeune femme.
« - Oui ? »
« - Tu veux bien m'expliquer ce qui se trame alors ? »
Il lâcha un soupir , qui exprimait sa tristesse. Il aurait désiré la préserver encore un moment , à l'abri de tout çà.
« - C'est long. Je te préviens tout de suite. »
« - J'ai le temps , rassure toi. »
« - Très bien. Ca a commencé sur le Ronald Reagan , bâteau où Vance m'a affecté.
On m'évitait , même le capitaine , marmonnant des petits mots sur mon passage.
Désagréable sensation de se sentir épier comme çà. Plusieurs fois , j'ai entendu parler mes collègues
sur un certain Leon , nouveau directeur d'une agence fédéral. J'en ai vite déduit que c'était le remplaçant de Jenny.
Et ce n'était pas en bien. J'ai tenu trois semaines comme çà , quand mon patron m'a convoqué ,
disant qu'il ne pouvait pas. Et il m'a licencié , sans que Vance ne fasse quoique ce soit. »
Ziva était interdite fasse à cette révélation.
Elle ne se serai jamais imaginée que tout se passait ainsi pour ses amis. Jamais.
« - Et après ? » demanda t-elle.
« - Je suis rentré à Washington , et j'ai été voir Gibbs , le seul qui aurait pu m'aider. »
« - Aurait ? »
« - Oui. Car lui aussi avec des problèmes sur ses enquètes.
Sans savoir le pourquoi du comment , il se faisait gentiment viré des lieux de crimes par ses confrères du FBI.
Aucun accès au preuves , le NCIS ne fait plus rien. Et l'autre reste dans son bureau sans rien faire.
Il nous fait tous couler , lui avec. »
« - Mais ... »
« - On cherche quelque chose , un lien sur son passé , mais rien. Blanc comme neige. »
« - Et comment tu as su pour moi ? »
« - Les informations. Quand nous avons appris ton accident , on a eu peur Gibbs et moi.
Que ce soit encore une fois à cause de lui et le patron m'a demandé de venir ,
de m'assurer que tu étais en sécurité. »
Déçue. Ziva était terriblement déçue. Elle aurait bien espérée qu'il serai venu pour autre chose ,
et non pas parce qu'on lui avait demandé. Mais elle n'allait pas se plaindre , il était là ,
c'était le plus important.
« - Et puis j'avais très envie de te revoir. » ajouta t-il.
Ils se sourirent mutuellement avant qu'une nouvelle question vienne titiller l'esprit de la jeune israelienne.
« - Tu sais j'ai essayée de te joindre plusieurs fois , sur ton portable , ou même au NCIS ,
mais on me disait toujours que le numéro n'était plus attribué. »
L'italien ne semblait pas étonné par cette nouvelle. Ce qui le rassurait en revanche ,
c'est que son amie ne les avaient pas oubliés , qu'elle avait essayée d'avoir de leur nouvelles.
« - Vance à tout modifié et m'a offert un nouveau portable .
Et bien sûr il a bloqué tout les appels vers le Mossad. Je suis vraiment désolé ,
je n'avais aucun moyen de t'appeler , même pas du port-avion. »
Le silence se réinstalla. Tout les points avaient été soulevés , il n'y avait plus de secrets. Aucuns.
Ziva se sentait mal de ne pas avoir pu les soutenir , les aider à découvrir tout ce qui se déroulait dans leur dos.
Quand lui vint alors une idée...
« - Je vais t'aider. On va le coincer ensemble. Comme sur nos anciennes enquètes. » dit-elle d'un ton convaincu.
« - Comme au bon vieux temps. » acheva t-il dans un sourire.
Ils avaient tout les deux espérés ce moment depuis le début. Voilà qu'ils allaient recommencer ,
en souvenir d'avant...
« Retourner aux sources. Se retrouver. Retrouver tout ce qui a pu nous rendre heureux ,
se remémorer les souvenirs qui s'effacent au fil de temps et des épreuves.
Redevenir soi-même , l'espace d'un instant et se relier avec son passé et oublier que ce n'est
que pour un temps indéterminé.
Se sentir revivre , tout simplement. »
Cela faisait deux heures que Tony et Ziva étaient arrivés dans l'appartement de cette dernière
et qu'ils étaient installés sur le canapé , parlant de leur départ prochain.
« - Moi je pense qu'il vaut mieux encore attendre une semaine que tu sois complètement remise. » proposa Tony.
« - Sauf que tu l'as sûrement oublié , je n'ai que deux mois de congés maladie et que si toi et Gibbs
vous n'avez rien trouvé pendant les derniers mois , les jours nous seront précieux. » rétorqua t-elle.
« - Ca va paraître étrange que tu partes comme çà et tes collègues vont peut être se poser des questions. »
tenta t-il.
« - Certainement pas. Ils ne se préoccuperont pas de moi , je n'ai aucuns amis là-bas. » répliqua t-elle ,
plus convaincante que jamais.
« - Mais... »
« - Stop. Tu veux que je vienne et qu'on le coince oui ou non ? » demanda-t-elle en le fixant dans les yeux.
Oui il voulait qu'elle vienne , çà allait de soi.
Seulement il s'inquiètait pour elle et de se qui pourrait leur arriver là-bas.
Oui car les affaires de Vance ne paraissaient vraiment pas nette.
« - Bien sûr. » dit-il simplement.
« - Bon alors ! Plus vite je serai partie , plus vite je serai... »
Elle coupa sa phrase. Elle avait voulue dire qu'elle serai revenue plus rapidement , mais elle ne voulait pas.
Elle désirait plus que tout au monde rester là-bas et oublier les derniers mois.
Tony distingua son malaise et compris tout de suite où elle avait voulue en venir.
« - Quand on l'aura coincé , je te promets qu'on trouvera une solution pour çà. »
« - Justement on a aucune raison de repousser le départ ! »
« - C'est bon , tu as gagnée. On prend le premier vol que tu trouves. »
« - Les passagers pour le vol en partance pour Washington sont priés de se rendre en salle d'embarquement. »
Au milieu de la foule , deux personnes couraient , slalomant entre les personnes encombrant le hall
valises à la main.
« - Je t'avais dit de me laisser le volant ! » cria l'une d'elle.
« - Et puis quoi encore ? Je préfère arriver en retard plutôt que mort ! » répliqua l'autre.
Il arrivèrent enfin devant la porte. Cinq ou six personnes attendaient encore devant eux ,
certains tapant du pied , d'autres parlant avec leur amis.
« - Tu vois qu'on arrive à l'heure. »
« - Parce qu'on a courus comme des fous. » rétorqua Ziva.
« - Ca fait faire de l'exercice ! » dit Tony en rigolant.
« - Je me disais aussi que tu commençais à avoir des poignets d'amour. »
lui répondit Ziva en lui touchant le ventre.
« - Hey ! » s'exclama l'italien en faisant mine de bouder , les bras croisés.
La jeune femme lui décrocha alors son plus beau sourire et ils se mirent à rire comme deux enfants.
Leur tour arriva alors , ils présentèrent leur papiers et purent monter dans l'appareil.
Ziva se sentait étrangement sereine. Elle allait rentrer chez elle. Sa véritable maison.
Malgré que les circonstances de cet évènement ne soit pas joyeuse , elle était tout de même heureuse.
Quinze heures plus tard , l'avion se posait dans un énorme crissement de pneus.
Tony sursauta et sortit rapidement de son sommeil. Ziva le regardait , à deux doigts de rigoler.
« - Quoi ? » demanda t-il.
« - Tes cheveux. » dit-elle en essayant de lui remettre des mèches en place.
Il recula alors , tout en ne la quittant pas du regard. Elle leva un sourcil puis lui dit :
« - J'avais oubliée à quel point tu étais grognon quand tu te réveillais. »
« - J'ai besoin d'émerger. C'est tout. »
Elle se leva alors , enfila sa veste et prit Tony par le bras en le tirant dehors malgré ses exclamations.
Ils se retrouvèrent rapidement dehors. Ils se regardèrent alors.
« - On fait quoi maintenant ? » demanda Ziva.
« - Ca te dit une visite surprise au NCIS ? » dit-il en souriant.
Une heure plus tard , ils poussaient tout deux les portes du bâtiment fédéral qui autrefois
leur avait servi de lieu de travail. Ziva regardait partout autour d'eux ,
se remémorant tout les bons moments qu'ils avaient passés ici.
Tony appela l'ascenseur qui ne tarda guère à leur ouvrir ses portes. Il appuya sur le niveau de leurs bureaux
et ils commencèrent leur monté.
« - Ca me rappelle la première fois que je suis venue ici. » murmura Ziva.
« - Et moi toutes les discussions que j'ai eu avec Gibbs ici. Ce qu'on peut dire , c'est que il aura servi ! »
« - Pour moi c'est là que tout a commencé. C'est ici que Gibbs m'a acceptée dans son équipe. »
« - Avant...Qui l'aurait cru qu'un jour nous allions venir ici en simples visiteurs ? »
« - Personne. »
Leur conversation fut coupé quand les portes s'ouvrirent devant les locaux.
Personne ne faisait attention à eux , ils purent aller directement rejoindre l'open-space de leur patron.
Quatre personnes étaient plongés dans leur travail , ne faisant pas attention à ce qu'il se passait autour.
« - Patron ? » dit Tony , assez fort pour que les quatre agents regardent dans sa direction.
Gibbs écarquilla les yeux. Il n'en revenait pas.
Devant lui, ses deux anciens agents le fixaient , les bras croisés , un immense sourire sur les lèvres.
Les retrouvailles. Un moment magique. On crie , on s'enlace , on pleure. Mais de joie .
Car malgré les circonstances , le bonheur d'être une nouvelle fois réuni est là et plus fort que tout.
On ne pense qu'au moment présent , et non au lendemain.
On parvient même à oublier que ses retrouvailles ne sont qu'éphémères et que tout a une fin.
Qu'un jour ou l'autre , on devra une nouvelle fois se dire adieu... »
Les trois nouveaux agents se lançaient des regards interrogateurs face au spectacle qui s'offrait à leur yeux.
Pendant les dernières semaines , ils avaient eu maintes et maintes fois l'occasion de rencontrer Tony ,
qui venait régulièrement.
Mais tous se demandaient qui était la jeune femme qui l'accompagnait , cette jeune femme à la chevelure bouclée
qui souriait sincèrement. Visiblement , elle connaissait les lieux et même leur patron.
Ce dernier se leva alors et s'approcha des deux personnes.
« - Je ne sais pas comment tu as fait pour convaincre Ziva de monter dans l'avion Tony ! »
« - C'est sûrement grâce à mes charmes de grand séducteur ! » dit-il.
« - Euh , çà va là les chevilles ? » demanda Ziva.
« - Parfaitement bien ! »
Les deux anciens agents rigolèrent alors. Gibbs observait cette scène avec une certaine nostalgie ,
heureux de les retrouver enfin. Ils n'avaient pas changer leur anciennes habitudes , toujours à se taquiner.
Cela lui changeait des agents qui les avaient remplacés qui eux étaient mornes , sans aucuns sourires.
« - Ca me fait plaisir de vous revoir Ziva. » dit alors Gibbs.
« - Moi aussi , de retrouver ces lieux , la ville... »
Puis dans un reflex soudain , la jeune femme se rapprocha de son ancien bureau et y découvrit une autre personne.
Cette dernière était assise , fixant son ordinateur. De magnifiques cheveux couleurs or descendaient sur ses
épaules , ses traits étaient fins. La seule conclusion qui vient à l'esprit de Ziva , c'est qu'elle était belle.
« - Je peux savoir pourquoi vous avez vos mains posées sur mon bureau ? » demanda t-elle alors d'un ton sec
et cassant.
« - Je peux savoir pourquoi vous travaillez ici ? Parce qu'avec votre physique ,
une carrière dans le mannequinat eut sûrement été plus approprié. » rétorqua Ziva , sur le même ton.
La nouvelle souria alors face à la repartie de la jeune israëlienne et lui tendit la main , pour se présenter.
« - Rosalie Hale , je remplace l'agent spécial qui a été réaffectée dans son pays d'origine.. »
« - Ziva David , l'agent que vous remplacez. » dit Ziva en lui serrant la main.
Cependant elle ne lâcha pas sa prise rapidement et les deux femmes s'affrontèrent un moment du regard.
D'emblé , Ziva savait qu'elle n'apprécierait pas cette personne , par le simple faites qu'elle lui ai pris sa place.
Puérile vu qu'elle n'y pouvait rien.
Elle sentie des mains sur ses épaules qui la tirèrent en arrière , ce qui l'obligea à lâcher la main de Rosalie.
« - Tu vas pas nous faire un combat de catch alors qu'on vient juste d'arriver quand même ? »
murmura Tony au creux de son oreille.
« - Elle a commencée. » se défendit Ziva.
« - Bien sûr... » ironisa l'italien. « - Moi au moins je m'entends bien avec celui qui me remplace. »
Il prit Ziva par le bras et l'obligea à se retourner pour faire face au bureau de Tony , ou plutôt ancien.
« - Ziva je te présente Mike. Mike Newton. Mike , ma partenaire , Ziva. »
« - Enchanté. » dit-il en tendant également sa main.
« - Moi aussi. »
Le bip de l'ascenseur se fit alors entendre. Abby en sortit , plus énervée que jamais et elle commença ,
d'une voix dure , sans voir les personnes qui l'entouraient.
« - J'en peux plus Gibbs ! Il n'a pas un dixième de l'intelligence de McGee !
Il vient juste de me faire planter mon bébé et qui plus est renversé mon caf-pow et...Ziva ?! »
Ni une ni deux , la gothique se jeta au cou de l'israelienne.
Tony rattrapa de justesse le dos de sa partenaire avant qu'elle ne tombe par terre.
« - Ca me fait plaisir de te revoir ! Oh mon dieu tu m'as manqué !! »
« - Moi aussi je suis contente de te revoir Abby. » articula Ziva d'une voix étouffée.
« - Vas-y doucement Abs , tu vas l'étouffer ! »
« - Je suis contente que Tony t'est ramené ici ! » dit-elle en relâchant son étreinte.
« - A vrai dire , j'ai dû le convaincre que j'étais en bonne santé pour revenir ! »
Abby rigola , elle se doutait que son ami avait dû être au petits soins pour sa collègue.
Ca c'était imposé comme une évidence dans son esprit.
« - Je vais chercher McGee ! De un pour qu'il revoit Ziva et de deux pour qu'il m'aide à réparer les dégâts
du débutant qui est censé me servir de coéquipier ! »
« - Il risque d'en avoir marre de faire des allez-retours entre son niveau et le nôtre Abby. » répliqua Gibbs.
Mais elle n'écouta pas et se précipita vers l'ascenseur en courant malgré ses grandes chaussures.
Elle revint quelques minutes plus tard accompagné du bleu. Elle tirait par le bras , l'obligeant à accélérer.
« - Abby , doucement ! » s'exclama McGee.
« - Mais je te dis que Ziva est là ! Ziva est là tu es sourd ou quoi ? »
« - J'avais compris Abby , mais elle ne va pas se volatiliser tu sais ! »
« - Tim a raison Abby. Je suis toujours là. » dit-elle en souriant.
McGee lui sourit également puis la prit dans ses bras. Il était loin le temps du bleu qui n'avait
aucune assurance et qui était si timide , à présent McGee était confiant.
« - Ca me fait plaisir que tu sois revenue Ziva. »
« - Ca fait tellement de bien de vous revoir ! »
Un groupe s'était formé , réunissant l'ancienne équipe de Gibbs , toujours aussi soudée malgré la distance.
Ils parlaient , dans une joyeuse ambiance.
Ziva voulut se retourner , voir où était les autres agents , quand elle le vit.
Inconsciemment elle saisit la main de Tony qui était à côté d'elle. Pour la première fois de sa vie ,
elle redoutait l'affrontement avec une personne.
L'italien qui ressentit son mal être serra sa main un peu plus fort encore.
Puis tout le monde tourna la tête en direction du regard de l'israelienne. Ils comprirent alors.
En haut des escaliers , sur la balustrade , la silhouette d'un être détesté de dessinait. Celle de Vance.
Il descendait les escaliers d'un pas lourd et lent , son éternel cure dent dans la bouche. Est-ce vraiment Vance ?
Les agents se posaient la question tellement il avait perdu toute trace de vie.
Les expressions de son visage étaient vide , ses yeux semblaient fixer l'infini.
D'immenses cernes bleu , accentuées de noir , se dessinaient sous ses prunelles , montrant le manque cruel
de sommeil. A titre comparatif , il ressemblait étrangement à un zombie digne d'un film de Tim Burton.
Il posa enfin son pied à même le sol et continua son avancée vers le groupe de personnes qui avait
retenu son attention. Les muscles de Ziva se contractèrent et l'italien , se penchant vers son oreille ,
lui murmura :
« - Si tu pouvais éviter de me broyer la main Ziva ce serai gentil. »
Elle relâcha vivement la main de son ami et ses yeux se perdirent en excuse. Elle se sentait idiote.
Pourquoi aurait-elle peur de Lui ? Si ils devaient s'affronter , elle était sûre de le battre à plate couture ,
alors qu'était ce sentiment qui l'envahissait et qu'elle n'arrivait pas à identifier ?
Elle n'eut pas le temps de plonger dans ses méditations , que Vance se plaça en face d'elle ,µ
le regard interrogateur. Elle ne baissa pas les yeux , ne voulant pas s'avouer vaincue ,
ce fut lui qui fit le premier pas.
« - Que faites vous ici mademoiselle David ? » interrogea t-il d'une vois grave.
« - Simple visite de courtoisie. Revoir mes amis , il ne semble pas que ce soit défendu. »
« - En effet. Mais il ne semble pas que le directeur adjoint David ne vous ait accordé des vacances ? »
« - Non. Seulement si vous étiez mieux informé monsieur , vous sauriez que je suis en congés maladie suite
à un accident de voiture. »
« - Et votre père sait que vous êtes ici ? » demanda t-il d'un ton ironique.
Il venait de toucher le point sensible , il le savait. Ziva ne supportait pas que l'on nomme cet homme
comme son père et encore plus qu'on pense qu'elle lui devait quoique ce soit dans son existence.
« - Si vous vous avisez de lui dévoiler ma présence sur le continent ,
je vous jure que je vous ferais souffrir comme personne d'autre et sans aucune pitié ,
rien que pour le plaisir de voir votre visage se tordre de douleur et me supplier d'arrêter. » persifla t-elle ,
la colère se ressentant dans sa voix d'habitude si douce , tout en se rapprochant du visage de Vance.
« - Ziva , calme-toi , s'il te plait . » lui intima Tony en la prenant par le bras et la tirant en arrière.
Au contact de la main de Tony sur son bras , les muscles de la jeune femme se détendirent.
Elle recula alors pour se placer juste à côté de son ami.
Les trois agents de remplacements admiraient le spectacle , les yeux ébahis.
Ils n'avaient jamais vus autant de haine dans les yeux d'une personne et n'auraient jamais imaginés
que des paroles aussi tranchantes que celle prononcées par Ziva pouvait sortir de la bouche d'une femme
d'apparence si calme.
Ils comprirent alors également la force de cette équipe , en voyant comme l'italien avait pu calmer
son amie d'un simple geste. Ils semblaient se connaître si bien , être si proches que jamais
la nouvelle équipe ne ferait le poids. Un lien invisible mais si puissant unissait ces deux personnes.
Ils n'expliquaient pas non plus le faite que le directeur ait dissout cette équipe si
forte en caractère et en relations. C'était incompréhensible.
Pendant ce temps de réflexion , un silence pesant avait prit place.
Le nouveau directeur éclata alors de rire tout en fixant Tony et Ziva.
« - Je vois que vous êtes toujours aussi proches ! Si ce n'est même plus ! » articula t-il entre deux éclats.
« - Je ne vois pas en quoi cela vous concerne. » trancha Tony , dont la voix s'était faite plus dure.
Le nouveau directeur ne répondit pas. Que pouvait-il faire de toute façon ?
Tony n'était plus sous ses ordres , sa vie ne le concernait plus. Seulement Vance aimait provoquer
les gens et il ne put s'empêcher de lui demander :
« - En rien , vous avez raison. Mais , par simple curiosité , avez-vous retrouver un travail ? »
« - Non. Et votre curiosité est très mal placée surtout dans ces conditions. » s'exclama t-il.
« - Nous n'allons pas nous étendre sur le sujet. » concéda t-il à l'intention des deux visiteurs.
« - Mademoiselle Sciuto , il ne me semble pas que votre laboratoire se trouve ici ? »
« - Effectivement. »
« - Vous pouvez donc le rejoindre. Maintenant. De même pour vous agent McGee , votre service vous attends. »
Ses ordres étaient sans appel.
Les deux jeunes gens partirent alors à regrets vers l'ascenseur , adressant un dernier regard à leurs amis.
Vance reprit le chemin de son bureau , mais au milieu de l'escalier , il se retourna et annonça d'une voix dure :
« - Je ne veux pas vous revoir ici , c'est clair ? »
La question n'attendait malheureusement aucune réponse et il disparût dans son bureau sans
que les autres ne puissent répliquer.
« - On se voit ce soir chez moi , compris ? » annonça Gibbs à l'adresse de ses agents qui lui
firent un petit signe de tête qui signifiait qu'ils seraient là et partir à leur tour.
Dans l'ascenseur , Ziva appuya sur le bouton d'arrêt et dit :
« - Je vais le tuer. »
« - Je n'irai pas aussi loin quand même ! » dit Tony en rigolant.
« - Moi si , c'est tout ce qu'il mérite. Tu as vu comment il nous parle et ses petites manières ?!»
Tony sembla réfléchir un instant. Il savait très bien que Ziva serai capable de tuer le directeur ,
il n'en doutait pas. Mais il ne voulait pas que cette histoire prenne ce genre de proportion ,
même si il mourait d'envie de lui tirer une balle en plein c½ur.
« - On verra çà ce soir avec Gibbs. Pour l'instant j'aurai bien besoin d'une douche et de dormir ! »
Elle soupira mais donna raison à l'italien. Elle avait besoin d'y voir plus claire dans cette histoire et
ce n'était pas en étant sur les nerfs qu'elle y parviendrait.
Elle ralluma l'ascenseur qui continua sa course folle.
Tout commençait maintenant. Le processus était mis en route , elle venait de rentrer dans le cercle vicieux
de la vengeance. Sa conscience ne dicterait plus ses actes , mais son c½ur prendrait le contrôle.
Tout dépendrait des évènements à venir...
Tony venait de garer sa voiture devant son immeuble , sous les jérémiades de Ziva qui pestait
contre la méthode de conduite de son ami. Plusieurs fois pendant le trajet , elle avait essayée de l'arrêter ,
pour qu'elle puisse prendre le volant , mais il avait tenu bon.
Elle détacha sa ceinture avant de se tourner vers l'italien.
« - Tu te rends compte qu'on a mis trois fois plus de temps que si j'avais conduit ? »
« - Je te rappelle que ma voiture n'a pas roulée depuis un mois , bloquée sur le parking de l'aéroport donc
il faut la ménager ! »
Elle ne prit même pas la peine de répondre et sortit. Une pluie fine s'abattait petit à petit sur la ville.
La jeune israélienne tendit ses bras en avant, laissant les gouttes d'eau couler sur ses paumes ,
puis elle ferma les yeux.
Elle retrouvait sa maison. En Israël , la pluie était une chose très rare tandis qu'ici ,
c'était monnaie courante , et cela lui faisait du bien de ressentir la fraîcheur de l'eau sur sa peau.
Tony se rapprocha doucement d'elle et lui posa la main sur l'épaule.
« - Ca va ? » demanda t-il.
Ziva sortit de sa torpeur , ses bras retombant le long de son corps mais un immense sourire se
dessinant sur son visage. Elle déposa un léger baiser sur la joue de son ami avant de dire , mystérieuse :
« - Parfaitement bien. »
Puis elle s'éclipsa à l'arrière de la voiture pour saisir sa valise.
L'italien , lui , commençait à se poser des questions. Il mit ce geste sur le compte de la fatigue de trajet ,
qu'elle n'était pas dans son état normal. Convaincu , il prit à son tour sa valise avant de pénétrer dans l'immeuble.
La jeune femme se souvenait parfaitement du chemin , qu'elle avait autrefois tant parcourue pour rendre
visite à son ami.
Trois étages plus tard , ils se retrouvaient tout les deux devant la porte d'entrée.
Tony fouilla un moment dans ses poches avant d'en sortir sa clé. L'instant d'après , elle s'ouvrait dans un bruit
grinçant. Ziva y pénétra la première , suivit de près par Tony qui était heureux de retrouver son appartement.
D'un même mouvement , ils posèrent leur affaires au sol tout en soupirant.
Malgré que les problèmes ne soit pas réglés , retrouver sa maison faisait le plus grand bien.
Quelques instants plus tard , , Ziva se retourna vers Tony , en lui demandant :
« - Je reprends la même chambre que la dernière fois ? »
« - Oh tu t'en souviens ? » rétorqua t-il , ironique.
« - Eh oui ! Je n'ai pas une mémoire de poisson rouge , moi. » dit-elle en insistant bien sur le dernier mot.
« - Non mais vu dans l'état dans lequel tu étais , tu aurais pu oublier ! »
« - Oh arrête , j'étais légèrement bourrée , rien de bien méchant ! »
« - Légèrement ? Tu étais plutôt à deux doigts du coma étylique ! »
« - Alors toi... » commença t-elle.
« - Pour répondre à ta question , oui tu prends la même chambre. » la coupa t-il avant de prendre
lui-même la direction de sa chambre.
La jeune femme fit la même chose , en se jurant de se venger. Elle trouverai bien un moyen.
Douze heures plus tard , dans les environs de 22h00 , Tony et Ziva reprenaient la route pour rejoindre Gibbs.
Ils avaient tout deux profités pleinement de ces heures de répit pour se doucher et dormir.
Ils se sentaient maintenant nettement plus d'attaque pour la suite.
Dans la nuit noire de ce mois de février , Tony se gara doucement , chevauchant le trottoir devant
l'imposante maison de leur patron. Les deux anciens partenaires sortirent et montèrent rapidement
les marches du perron.
Tony rentra sans même frapper, sous le regard ébahi de son amie.
« - Euh... Tu ne frappes pas avant d'entrer ? »
« - Non, il est dans sa cave , comme toujours je présume et c'est devenu une habitude.
Il m'a dit lui-même de le faire. »
Ziva comprit alors tout ce qu'elle avait raté durant son séjour au Mossad et elle était prête à tout pour rattraper
le temps perdu.
Ils descendirent l'escalier menant à la cave, rappelant à Ziva le jour où son équipe avait été accusée
du meurtre de La Grenouille. Sensible au bruit, Gibbs se retourna et sourit alors, discrètement.
« - Bonsoir Gibbs ! »
« - Comment vous sentez vous alors ? »
Les deux comparses se regardèrent avant de dire , un immense sourire aux lèvres comme le matin même :
« - Reposé et chez nous ! »
Gibbs rigola pendant que Tony s'asseyait sur le bord d'une table et que Ziva s'appuyait au bâteau.
Il les regarda tour à tour avant de soupirer et demanda à l'italien :
« - Je suppose que tu lui en a parlé et qu'elle veut des explications maintenant ? »
« - On est une équipe , elle a le droit de savoir . »
« - Je le sais Tony. »
Il alla vers la jeune israélienne qui lui soutint le regard tant qu'elle le pouvait.
« - Tu es au courant de quoi ? » lui demanda t-il.
« - Quasiment rien. Juste de la raison vague du renvoi de Tony , la manière dont le FBI vous refuse les enquêtes
et que Vance tente de faire couler l'agence. »
« - Tu en sais la majeur partie , mais pas la plus importante. »
« - C'est-à-dire ? » questionna t-elle impatiente.
« - En fouillant dans le passé de Vance , nous avons découvert qu'il était ami avec René Benoit. »
« - La grenouille ?! » s'exclama t-elle.
« - Parfaitement. Nous ne savons pas comment ils se sont rencontrés mais ils avaient l'air plutôt proches.
Et tout nous pousse à croire que c'est pour venger son ami que Leon agit ainsi. »
Ziva dévisagea Tony , en comprenant pourquoi il avait été tant réticent à lui expliquer l'affaire.
Elle qui pensait cette affaire enfin enterrée , elle avait eu tout faux.
Il replongeait dans les soucis et les complots qui les avaient touchés. A son plus grand malheur.
« - Et comment...Comptez-vous vous y prendre pour avoir plus d'informations ? » demanda t-elle ,
certaine que la réponse n'allait guère lui plaire.
« - Je vais devoir revoir Jeanne. » annonça Tony , calme.
Elle avait pensée à tout , échafauder tout les plans possibles et inimaginables ,
mais jamais elle n'aurait pensée à cela.
Cette femme qui auparavant les avait fait tant souffrir allait réapparaître dans leur vie...
« - Revoir...Dans quel sens ? » questionna Ziva.
« - Elle rentre demain d'une mission au Rwanda et je lui ai proposée de passer chez moi. Elle acceptée. »
expliqua Tony , un fin sourire aux lèvres.
« - Et tu lui as donné quoi comme raisons pour qu'elle accepte ? » demanda Ziva, sur sa lancée.
Ses interrogations furent vite interprétés par Gibbs , qui repensa alors à Jenny.
Sa Jenny...Il n'aimait pas remuer le couteau dans la plaie , mais elle lui manquait. Plus que tout.
Et quand il voyait Ziva et Tony , ainsi devant lui , cela ne pouvait que lui rappeler le couple qu'il
avait formé avec Jen , malgré que ces deux agents n'en ai pas encore conscience. Il sentait que la révélation
était proche et il en était heureux. Il aurait eut tord de leur rappeler la règle n°12 dans ce genre de moment.
Et puis , au final , ils n'étaient plus réellement ses agents...
« - Rien du tout. Elle a dit oui , simplement. Je pense qu'elle espère que je m'excuse et que l'on explique... »
« - Ah parce qu'en plus elle croit avoir une chance ! » dit la jeune israélienne , en rigolant.
Les deux hommes la dévisageaient , mais l'italien avait eu la réaction qu'il avait attendu de la part de
sa partenaire. Gibbs semblait du même avis et quand Ziva comprit qu'elle était observée ,
elle se retint de virer au rouge.
« - Oubliez ce que je viens de dire... » Bafouilla t-elle.
« - Bien sûr. Je compte au contraire de la ressortir un jour tient ! » s'exclama Tony.
Pour toute réponse , il se prit un magistral coup dans l'épaule et son visage se tordit de douleur pendant
qu'il maugréait dans sa barbe.
« - Moi aussi j'aurais tellement de choses à colporter sur toi mon petit derrière poilu. » répliqua t-elle ,
en insistant sur le dernier groupe de mots.
« - Je m'en serai douté... » marmonna t-il.
Gibbs qui avait assisté à l'échange , crut voir en face de lui deux élèves qui se faisait du chantage pour
avoir ce qu'ils désiraient. Enfantin.
« - Bon allez , nous n'avons plus rien à faire pour aujourd'hui tant que nous n'en saurons pas plus. Bonne nuit. »
Les deux amis comprirent qu'il était temps pour eux de se retirer et après un rapide « A demain. »
ils reprirent la route de l'appartement de Tony. Il était 23h30.
« - Je comprend mieux pourquoi tu n'as pas voulu m'expliquer l'affaire. » commença Ziva.
« - Je sais que tu n'as jamais aimé Jeanne et je ne trouvais pas le moyen de t'exposer la chose. »
« - Tu as raison , je ne l'aime pas. Mais alors pas du tout. »
« - Et je peux savoir pourquoi ? » demanda Tony.
Elle le fusilla du regard. Comme si ce n'était pas évident ! Mais bien sûr , pensa t-elle , il avait été aveugle ,
encore une fois. Elle n'avait jamais été directe avec lui pour lui exposer ses sentiments ,
mais elle pensait tout de même que c'était simple à déchiffrer.
Elle ne voulut pas répondre , et lança alors le lecteur CD , pour combler le silence glaciale qu'accentuait
la nuit noire.
JYou know when the sun forgets to shine
I'll be there to hold you through the night
We'll be running so fast we can fly tonight
And even when we're miles and miles apart
You're still holding all of my heart
I promise it will never be dark
I know.. we're inseparable.
Bien sûr , il avait fallut qu'elle tombe sur cette chanson , qu'elle connaissait déjà vaguement pour
l'avoir entendu dans l'avion. Elle n'avait pas fait attention aux paroles , mais n'ayant en ce moment
que cela à faire , elle avait écouter attentivement.
Cette chanson lui rappelait elle et Tony. Leur moment de séparation , de déchirement quand Vance
les avaient dispersés un peu partout , puis les retrouvailles.
Oui ils étaient inséparables , ce n'était plus à prouver.
Dans un même mouvement , les anciens partenaires se regardèrent intensément.
Lui aussi avait compris la signification de ces paroles. Puis l'italien détourna le regard ,
conscient au plus profond de lui-même de ce qui était en train de se dérouler.
Le silence retomba alors , lourd de sous-entendus. Heureusement ils ne tardèrent pas à arriver devant l'immeuble ,
qu'ils s'empressèrent de gagner.
« - Tu sais quoi ? J'ai encore besoin de dormir. » annonça la jeune femme.
« - Bonne nuit alors , je crois que je vais faire pareil. »
Elle lui fit un clin d'½il avant de regagner la chambre d'ami. Elle se laissa lourdement tomber sur son lit.
La journée de demain ne serai pas de tout repos....
Pendant la nuit , Ziva avait eu le temps de réfléchir , le sommeil ayant été long à venir.
Elle avait pensée à Jeanne et à la menace qu'elle représentait.
Qui a dit que Tony ne retomberait pas dans ses bras ? Il fallait qu'elle s'assure que cela n'arrive pas ,
et elle avait déjà une idée en tête...
Elle se leva alors , puis se dirigea vers la cuisine , où se trouvait déjà Tony , en train de manger.
Elle s'installa sur une des chaises , comme chez elle.
« - Bien dormie ? » demanda l'italien.
« - Comme un bébé. » dit-elle. « - Alors Jeanne arrive à quelle heure ? »
« - Vers 10h30 je pense. Elle ne veut pas trop s'attarder. »
Parfait , songea Ziva. Cela lui permettait de faire ce qu'elle avait prévue sans que cela ne paraisse suspect.
Elle n'en revenait toujours pas d'avoir eu une idée pareille , mais elle ne laisserait pas tomber. Jamais.
Vers 10h00 , elle prétexta le besoin de prendre une douche pour s'éclipser dans la salle de bain.
Elle laissa couler l'eau sur son corps un long moment avant de s'enrouler dans son peignoir.
Elle se brossa ensuite les cheveux , les laissant détacher. Il tombait ainsi sur ses épaules ,
dans des boucles parfaites.
Elle passa alors à l'étape supérieur.
« - Tony !! » hurla t-elle. « - Y'a une fuite d'eau dans la douche ! »
« - Ah bon ? » dit-il en déboulant dans la salle de bain en courant.
« - Je t'assure. Tu ne peux pas y jeter un coup d'½il ? »
« - Si si mais c'est bizarre cette histoire. »
Elle ressortit alors , discrètement de la salle pendant que son ami observait une douche en parfait état.
La sonnerie de l'entrée retentit alors.
« - Laisse Tony j'y vais ! » lança t-elle.
« - Attends , çà doit être ... »
Trop tard , elle ouvrait déjà la porte , dans son peignoir.
Devant elle se tenait la dite Jeanne dont les espoirs s'envolaient un à un en détaillant la jeune israélienne.
« - Vous devez être Jeanne ? »
« - Oui et vous ? »
« - Une amie de Tony. Je suis désolée de me présenter ainsi , je viens juste de sortir de la salle de bain. »
« - Ce n'est pas grave. »
Les deux femmes se jaugeaient du regard , se posant des milliers de questions à la fois ,
quand Tony arriva en disant :
« - Je sais pas où tu as été cherchée çà , mais il n'y aucune fuite dans la ... » dit-il , en se stoppant.
Il venait tout juste d'apercevoir Jeanne , devant lui et une Ziva à moitié dénudée.
Il fixa un instant son ancienne petite amie , qui finit par dire :
« - Contente de te revoir Tony. »
Pas un bruit , juste un silence glacial entre les trois personnes.
Tony , encore sous le choc de la scène qui se dessine devant lui , observe à tour de rôle les deux jeunes femmes.
L'une d'elle semble lasse et fatiguée et a les bras croisés tout en s'appuyant sur la porte.
Son regard fixe l'autre femme , qui elle se trouve en peignoir ,
ses longs cheveux ondulés tombant en parfaite harmonie sur ses épaules.
Elle aussi fixe son ennemie sans ciller un seul instant.
Il assiste à une bataille silencieuse , encore plus difficile à encaisser , étant donné qu'elle le concerne.
Il sait , il a comprit , mais ne peux pas le dire , comme çà , les mots restent dans sa gorge.
Tout serai tellement plus simple si seulement l'une d'elle s'avouait vaincue...Mais rien. Juste le néant.
« - Ziva , je crois que tu devrais aller t'habiller non ? » dit l'italien , brisant la glace d'un ton dur et sec.
« - Ah oui. Je reviens vite. » répondit-elle dans la même intonation.
« - Prends ton temps surtout. » lui intima t-il , en essayant de capturer son regard ,
pour qu'enfin elle comprenne.
« - J'avais presque finie de toute façon. »
Sans lui laisser le temps d'ajouter quelques mots , elle partit dans sa chambre ,
feignant de ne pas avoir comprit les sous-entendus de son ami. Ce dernier soupira.
« - Elle est toujours comme çà ? » demanda Jeanne.
« - Toujours , c'est dans sa nature. Elle est têtue. » répondit-il , en accentuant la dernière phrase.
« - Tu sais que les murs sont fins et que je t'entends au moins ? » cria Ziva.
« - C'était fait exprès ! » ironisa t-il.
« - Tu vas me le payer ! » termina t-elle.
Pendant ce temps , Jeanne était partie s'asseoir dans le salon , fatiguée de son long voyage.
L'italien prit place dans le fauteuil juste en face d'elle.
« - Tu as fait bon voyage alors ? »
« - A part les dizaines de zones de turbulences que nous avons traversés et en exceptant le fait que
je n'ai pas dormie depuis 24 heures , çà c'est bien passé. » dit-elle en rigolant.
« - Mais je présume que tu ne m'a pas demandé de venir pour me parler de mon trajet ? »
« - Tu devines bien. » concéda t-il , gêné de la situation.
« - Que se passe t-il ? »
Elle sentait terriblement idiote. Jamais elle n'avait eue un comportement aussi puérile et enfantin que maintenant.
Elle était plus que jamais gênée envers Jeanne , qui elle n'avait rien demandée , Ziva le savait depuis le début.
Pourtant elle n'avait pu s'empêcher de haïr cette femme , qu'elle n'avait vu qu'une fois ,
en photo dans l'ordinateur de Tony.
Autant ne pas le cacher , elle avait été jalouse quand elle avait comprit que son ami n'allait pas chez le médecin.
Jalouse quand elle le voyait partir en sachant parfaitement ce qu'il allait faire le soir.
Et elle avait eue peur que son ami ne l'a laisse tomber, que plus rien ne soit comme avant.
Puis il y avait eu ce soir-là , où ils s'étaient tous donnés rendez-vous au bar et qu'il n'était pas venu.
Les verres s'étaient succédés et indirectement , elle avait avouée à Ducky qu'elle aimait Tony.
Plusieurs mois avaient passés et elle avait gardée ce secret pour elle , même quand elle a apprit qu'elle allait
le quitter. A présent , elle mettait ce refoulement de sentiments sur le dos de l'ex de Tony ,
alors qu'en réalité , elle était la seule responsable. Jeanne n'y était pour rien , elle se promit à présent
de se comporter comme quelqu'un de civilisé avec elle.
Elle se sentait lâche et complètement idiote. Elle avait vue dans sa vie des horreurs inqualifiables ,
elle avait torturée des gens , tuer d'autres.
Elle avait la prétention de dire qu'elle était courageuse , mais elle ne l'était pas complètement.
Le courage passe par toutes les situations , et elle était incapable de dire à son ami qu'elle l'aimait ,
tout simplement. Alors non , elle n'était pas courageuse , pas tant qu'elle n'aurait pas libérer son c½ur
de ce secret.
Elle enfila rapidement son tee-shirt et son pantalon avant de sortir de la petite pièce et
de se diriger vers le salon.
« - Que se passe t-il ? »
« - C'est une histoire très compliquée et... »
« - Et surtout très longue et peut être ennuyeuse. » termina la jeune israélienne en passant la porte.
« - Avant qu'il ne commence , vous voulez peut être boire quelque chose après un long voyage ? » proposa Ziva
à la jeune femme.
Ce revirement de comportement surprit Tony et même Jeanne , qui n'aurait jamais pensé que
Ziva pouvait comprendre qu'elle n'était pas là en ennemie.
« - Un café bien serré ne serai pas de refus ! » dit-elle , cachant tant bien que mal sa surprise.
« - C'est comme si c'était fait ! » s'exclama t-elle , enjouée tout en disparaissant dans la cuisine.
« - Tu as demandée serré , je te préviens que ce sera très fort ! » ironisa Tony en rigolant.
« - Elle a des goûts bizarre en matière de café. »
« - Je dirai que c'est toi qui est bizarre à mettre je ne sais combien de sucre dans ta tasse ! » rigola t-elle.
« - C'est pas de ma faute , je peux pas m'en empêcher ! » bouda t-il.
« - Et çà y'est , monsieur boude , on en a pour la journée ! » s'exclama Ziva.
« - Mais au moins que je ne suis pas la seule à dire çà ! » dit-elle en souriant à Jeanne.
« - Arrêtes Ziva , une fois Gibbs à sans faire exprès bu mon café et il n'a pas dit que c'était mauvais. »
« - Oui mais la manière dont il l'a recraché voulait tout dire ! » se moqua t-elle.
Un bip signalant la fin de préparation arracha la jeune israélienne de ses moqueries.
Elle repartie dans la cuisine et en revint un instant plus tard , une tasse brûlante dans les mains
qu'elle posa devant Jeanne , un sourire amical aux lèvres.
Puis elle prit place à côté de la jeune femme qui comprit qu'elle allait enfin savoir ce qu'il
se passait et en quoi cela la concernait.
« - Bon Tony , je te laisse le soin de raconter le début , à partir de cette mission à Los Angeles. »
« - Bon Jeanne , tu ne vas sûrement pas voir le rapport avec toi tout de suite ,
mais pour que tu comprennes il faut que je.... »
« - Je sais , vas-y. »
« - Il y a quelques mois , Ziva et moi devions accompagnés Jenny Shepard à un enterrement , pour la protéger.
C'était à Los Angeles et après la cérémonie , elle nous a dit de profiter de notre journée ,
qu'elle se débrouillerait seule. Je ne savais pas vraiment pourquoi elle faisait çà ,
mais je ne voulais surtout pas refuser malgré les réticences de Ziva.
Nous avons fait une virée dans la ville et ... »
« - Surtout dans les bouchons tu veux dire !
En plus , il avait loué une décapotable rouge pétante et avec sa chemise hawaïenne ,
on aurait dit qu'il se prenait pour Magnum ! » rigola Ziva.
« - Bref , Ziva voulait toujours appeler Jenny , pour s'assurer qu'elle allait bien... »
Il continua ainsi son récit pendant de longues minutes , replongeant dans de bien mauvais souvenirs ,
passant de la découverte du corps de la directrice ,
ensanglantée à sa culpabilité et à l'indifférence de Gibbs qui masquait sa tristesse.
Il ajouta également comment Mike et Gibbs avait masqués le meurtre en faisant brûler la maison de Jenny.
Puis vint le moment le plus douloureux pour les deux anciens agents et voyant que Tony n'en pouvait plus ,
Ziva décida de prendre le relais.
« - Laisse je vais raconter la suite. »
« - Tu es sûre ? Parce que je sais que ce n'est pas un passage facile et que ... »
« - Tu me laisse faire , tu as déjà raconter une grande partie des moments difficiles de cette période ,
je peux faire le reste. »
Jeanne ne comprenait pas vraiment où ils voulaient en venir mais écoutait toujours avec une grande attention ,
comprenant tout ce qu'ils avaient pu traverser et capta même le regard de Ziva ,
la manière dont elle avait regardée Tony tout le long de son récit , essayant de le rassurer silencieusement.
« - Après l'enterrement de Jenny , nous sommes retournés au NCIS et le nouveau directeur ,
Leon Vance nous convoqua dans son bureau , le visage dur. »
Jeanne sursauta de surprise au son du prénom de cet homme , l'ami le plus proche de son père.
Ses questions commençaient doucement à trouver des réponses.
« - Nous étions tout les quatre debout en face de lui , moi , Tony , Tim et notre patron ,
Gibbs. Toute notre équipe était réunie.
Puis après nous avoir parler de Jenny , il commença ce à quoi nous ne serions jamais attendus.
Il annonça que Tim était muté dans une nouvelle unité ,
la cybercriminalité tandis qu'il me renvoyait en Israël et qu'il faisait embarqué Tony sur un porte-avion.
Puis il a donné les dossiers de trois personnes à Gibbs , en disant qu'il s'agissait de sa nouvelle équipe.
Il nous avait tous séparés. »
« - Mais pourquoi ? » demanda Jeanne , sous le choc.
« - Ca , il ne l'a pas expliqué , il ne nous a donné aucune raison.
Nous nous sommes donc tous quittés et c'est là que les choses ont prit une tournure plutôt suspecte. »
« - Ca faisait deux semaines que j'étais sur le bateau et à chaque fois que je passais quelque part ,
j'entendais des messes basses. Principalement sur Leon.
Quand mon capitaine m'a convoqué dans son bureau , j'ai vite compris et c'est comme çà qu'il m'a
renvoyé en me disant simplement qu'il n'avait pas le choix.
Je suis rentré à Washington , et j'ai retrouvé Gibbs qui m'a appris que même dans les bureaux
il se tramait des choses bizarres. Il n'avait plus accès à aucune enquête ,
ni aux pièces à conviction , le FBI leur prenait tout.
Nous avons alors commencer à faire des recherches sur le directeur pour savoir pourquoi
il agissait de cette manière. »
Puis ce fut au tour de Ziva de raconter comment elle avait été coupée de toute communication avec le continent ,
comment ses e-mails n'obtenaient aucune réponse ,
le message qu'elle entendait à chaque fois qu'elle essayait d'appeler Tony ou même le NCIS.
Il expliqua également que Vance avait coupé tout moyens de la contacter puis ils en vinrent à l'accident de Ziva.
Ils n'oublièrent aucuns détails , passant tout au peigne fin pour en venir alors finalement
à la partie qui concernait Jeanne.
« - Tony et Gibbs m'ont alors appris , après mon retour que Vance était un grand ami de votre père.
Nous pensons que Vance fait tout çà pour venger monsieur Benoit en s'en prenant à notre équipe qui
est étroitement liée à cette enquête. »
« - Je ne sais vraiment pas quoi vous dire. J'ai toujours trouvée cet homme bizarre et mystérieux
et souvent il s'enfermait avec mon père dans son bureau pendant des heures.
On pouvait les considérer comme les meilleurs amis mais je n'ai jamais su ce qu'ils trafiquaient. »
annonça t-elle , mal à l'aise de ne pas pouvoir les aider.
« - Ton père n'a pas gardé de papier qui pourrait nous dire en quoi consistait leur affaire
et surtout qui nous prouverait leur lien ? » demanda Tony.
« - Rien , le jour où tu m'as avoué que...Que mon père était un trafiquant d'armes et que tu étais en mission ,
nous sommes repassés chez lui après t'avoir déposé.
Il est parti dans son bureau et à tout brûler , la moindre photo , le moindre papier.
Il ne reste plus rien , je suis désolée. »
« - Ce n'est pas grave , on trouvera un autre moyen.
Au moins nous sommes sûrs qu'ils étaient des amis proches et c'est déjà çà. » la rassura Ziva.
« - C'est quand même gentil d'être passée , tu n'étais pas obligée. Vraiment merci. » termina Tony , sincère.
« - C'est normal , ne t'inquiètes pas. Ca m'a fait plaisir mais je crois que je vais rentrer ,
je suis morte de fatigue là. » dit-elle en souriant.
« - Bien sûr. »
Ils se levèrent tous en même temps et Jeanne fit une bise amicale à l'italien avant de se retourner
vers Ziva qui prit la parole immédiatement.
« - Je vais vous raccompagner , j'aimerai vous parlez un moment. »
« - Bien sûr allons-y. »
Ziva rassura Tony d'un regard en lui faisant comprendre qu'elle n'allait pas tuer la jeune femme ,
bien au contraire. Il sourit et les deux femmes se dirigèrent vers l'entrée.
Ziva donna à Jeanne son manteau avant de commencer.
« - Ecoutez , je suis vraiment désolée de la conduite que j'ai eue quand vous êtes arrivée.
C'était débile et puérile , je n'avais jamais fait çà avant. Donc je tiens vraiment à m'excuser. »
« - C'est déjà oublié. Mais vous savez , je vous ai bien observés tout les deux et tout serai nettement
plus simple si vous lui disiez. Je le connais , ce n'est pas lui qui fera le premier pas et si vous
ne prenez pas les choses en main , la situation restera telle qu'elle. »
« - Je ne vois pas du tout de quoi vous parlez. » feigna Ziva , qui au contraire comprenait tout.
« - Je sais que si , vous le savez aussi bien que moi. » dit Jeanne , en souriant.
Puis la jeune femme partie , laissant la jeune israélienne plantée dans l'entrée , plongée dans ses pensées.
Jamais elle n'aurait cru qu'une femme puisse voir aussi facilement ses sentiments alors que même
le concerné semblait aveugle.
Mais elle se jura , sur sa propre honneur de tout faire pour qu'il ouvre enfin les yeux ,
quitte à lui dire en face...
Les mots prononcés par Jeanne résonnaient encore dans la tête de Ziva ,
tel un magnétophone qui repasserait en boucle la même chanson pendant des heures.
Elle était toujours debout dans l'entrée , ne bougeant pas d'un seul centimètre ,
les yeux dans le vide mais à présent animés d'une lueur différente.
Des bruits de pas se firent entendre derrière elle , et quand une main se posa sur son épaule ,
elle sursauta violement , la faisant sortir de ses méditations.
« - Ca va ? Tu es toute pâle ! » lui demanda Tony.
« - C'est rien , juste un petit étourdissement. » mentit-elle.
Elle se maudit de ce mensonge une seconde à peine après l'avoir prononcé.
Elle qui s'était promis d'enfin tout lui dire , elle commençait bien mal.
Ce n'était pas ainsi qu'elle arriverai à ses fins.
« - Tu veux un aspirine ? » proposa l'italien , inquiet de l'état de son amie.
« - Non non ne t'inquiètes pas , çà passe déjà. »
« - Si tu le dis... » dit-il d'un ton suspicieux.
« - Maintenant , on fait quoi ? Jeanne était notre dernière chance de le coincé et elle ne peut pas nous aider. »
« - J'ai bien une idée mais je ne suis pas sûre que Gibbs serai d'accord pour agir comme cela. »
« - Dis toujours , on verra bien ! »
« - On va au NCIS et on essaye de faire chanter ou même d'interroger Vance. »
« - Tu crois vraiment qu'il va tomber dans le panneau ? » s'exclama t-il.
« - Il n'est pas débile et en plus je suis persuadé qu'il a demandé à nous surveiller si nous tentions d'entrer. »
ajouta t-il.
« - Tu ne comptes tout de même pas abandonner si près du but ?
Je suis certaine qu'on peut l'avoir en le prenant par surprise , un magnétophone dans la poche et le tour est joué !
» tenta t-elle une nouvelle fois.
« - Oui d'accord , mais après nous avoir tout dit , il va nous tués !
Ziva réfléchis , ce n'est pas pour rien qu'il nous a renvoyé ! »
« - Il n'aura pas le temps de nous tués , je l'achèverai avant De toute manière ,
il est directeur et n'a jamais été agent. Je ne pense pas qu'il possède une arme et au pire des cas ,
il ne saura pas tirer. C'est la seule solution que nous avons Tony , notre dernière chance... »
Il sembla réfléchir , conscient que la jeune israélienne disait bel et bien la vérité et qu'elle avait raison.
Il ne voulait pas qu'elle reparte et si pour cela il devait tuer Vance , il le ferai dans hésiter.
Mais deux voix se bousculaient dans son esprit , la raison et le c½ur. La raison lui dictait d'abandonner ,
de ne pas prendre le risque de mourir et bien même que Ziva meurt ,
tandis que son c½ur lui disait de tout faire pour en finir avec cette histoire et que tout redevienne comme avant.
« - Tony ? » demanda Ziva pour faire sortir son ami de sa torpeur.
« - On y va. J'appelle Gibbs et on est partis. » finit-il par dire , dans un mince sourire.
« - Eh ben c'est pas trop tôt ! » dit-elle en rigolant.
Il ne daigna par répondre et partit dans sa chambre prendre son téléphone et prévenir
leur ancien patron de leur plan. C'est alors que Ziva réalisa les paroles prononcés à peine quelques minutes
auparavant par Tony.
« - Oui d'accord , mais après nous avoir tout dit , il va nous tués !
Ziva réfléchis , ce n'est pas pour rien qu'il nous a renvoyé ! »
C'était le risque , elle en était parfaitement consciente mais malgré çà , elle commençait à avoir peur.
Peur de ne plus avoir beaucoup de temps devant elle et de ne pas avoir le temps de lui dire tout ce
qu'elle avait sur le c½ur.
Jusqu'à présent , sa vie s'était résumée au travail et alors que maintenant elle vivait pleinement ,
ou presque , tout cela risquait de se finir et elle n'en supportait pas l'idée.
« - Il est d'accord mais il a dit qu'il viendrait sûrement nous rejoindre dans le bureau
un petit moment après , car il a aussi des comptes à régler. » annonça Tony en revenant dans le salon.
« - C'est parfait , il se prendra ses quatre vérités avant d'aller croupir en prison ou six pieds sous terre ! »
s'exclama Ziva.
« - On peut y aller alors ! » dit l'italien avant de ne partir pour prendre son manteau.
Ziva se leva alors soudainement et stoppa son ami dans son élan en le prenant par le bras.
Elle plongea ses yeux dans les siens avant de dire :
« - Il faut d'abord que je te parle de quelque chose. »
Tony sourit intérieurement en comprenant de quoi il s'agissait et en voyant la mince lueur de peur dans
les yeux de sa partenaire.
En voyant cela il espérait qu'elle ne prendrait ainsi pas trop de risques.
« - Ca tombe bien , moi aussi mais je ne trouvais pas le bon moment. » annonça t-il à son tour.
Tony s'installa sur le sofa pendant que Ziva s'asseyait sur la petite table basse en face de lui ,
de manière à pouvoir le regarder les yeux dans les yeux.
« - J'ai été idiote , je le sais. Je n'aurais jamais dû me comporter comme çà avec Jeanne ,
alors que je l'a connaissais à peine.
Je n'aurais pas dû te faire croire à une fuite d'eau juste pour lui ouvrir la porte , en peignoir.
Je ne sais pas pourquoi j'ai montée cette histoire de toute pièce au lieu de dire les choses simplement ,
telle que je les ressent. »
« - Je pense qu'elle l'a déjà oubliée , tu t'es vite rattrapée. Mais... »
« - Laisse moi finir s'il te plait , ce n'est déjà pas simple à dire.
Tu sais cette accident de voiture , ce n'est pas par simple étourderie que je l'ai eue.
Je roulais trop fois trop vite sans réellement fixer la route.
J'avais besoin de cette vitesse , de cette adrénaline pour sentir que je n'étais pas complètement morte
en montant dans l'avion. Vous me manquiez , tu me manquais , toi plus que tout les autres
et je ne supportais pas l'idée de ne pas te revoir surtout face à tout ses e-mails sans réponse.
J'ai eue peur que tu ne m'oublies , comme une enfant et je me suis dit que la vie n'avait plus vraiment de sens.
Alors j'ai pris des tonnes de risques et au final , tu es revenu et d'un seul coup je me suis sentie mieux ,
heureuse. C'est là que j'ai compris que j'avais besoin de toi. »
Au moment de prononcer la dernière phrase , elle avait baissée les yeux par peur d'affronter son regard
et sa réponse. Elle sentie alors la main de son amie prendre la sienne , ce qui l'obligea à remonter la tête.
« - Tu te souviens quand je t'ai dis que c'était Gibbs qui m'avait envoyé te voir après ton accident ?
Ce n'était pas vrai , il ne me l'a jamais demandé ,c'est moi qui suis partis de mon plein gré.
Il a même tenté de m'en dissuader , en me disant qu'aller là-bas était trop dangereux mais je ne l'ai pas écouté.
De toute manière , même si tu n'aurai jamais eu cette accident , je serai tout de même venu ,
car moi non plus je ne supportais pas de ne pas avoir de nouvelles.
Une fois , sur le bateau , un des seuls ami que je m'étais fait est venu me voir et
il m'a demandé qui était la personne avec moi sur la photo que je gardais sur ma table de nuit.
C'était cette photo de nous deux , qu'Abby avait prise à son anniversaire.
Et quand je lui ai expliqué qui tu étais , il m'a dit que de la manière dont je parlais de toi ,
tu devais être vraiment une personne exceptionnelle et je lui ai répondu que oui.
C'est pendant que j'étais sur les mers , seul , que j'ai compris que moi aussi j'avais besoin de t'avoir près de moi. »
Un silence de glace s'installa alors , pendant que les deux anciens agents réfléchissaient sur
ce qui venait de se dire. Chacun savait qu'ils venaient de passer une étape et que
même si il n'arrivait pas à faire tomber Vance ,
ils n'auraient pas tout ratés et que leur vie serai tout de même différente.
Ziva prit doucement l'autre main de Tony avant de s'approcher doucement de son visage avant de déposer
ses lèvres sur les siennes dans un baiser doux et passionné.
Il dura un long moment car aucuns des deux ne voulaient briser ce moment de peur que
celui-ci ne se représente plus et voulaient d'autant plus en profités.
Au bout de quelques minutes tout de même , ils se séparèrent , souriant.
La jeune israélienne posa sa main sur la joue de l'italien avant de dire :
« - Maintenant nous pouvons y aller. »
Les portes de l'ascenseur s'ouvrirent doucement sur l'open-space .
Les mains des deux anciens agents étaient entremêlées mais se délièrent instantanément
quand ils aperçurent leur patron vers lequel ils s'approchèrent.
« - Salut patron ! »
« - Bonjour Gibbs ! »
« - Salut vous deux. Approchez vous , je ne veux pas que les trois autres entendent. »
dit-il en chuchotant et en leur faisant signe de s'approcher.
« - Vous avez vos armes sur vous j'espère ? » leur demanda t-il.
Dans un même mouvement , les deux ouvrirent leurs vestes et Gibbs pu voir les pistolets sagement rangés
à leur ceinture.
« - On ne sors jamais sans , surtout pour le voir lui. » ajouta Ziva.
« - Parfait. Vous ne prenez pas trop de risques non plus et si vous avez le moindre problème , vous partez.
leur recommanda t-il.
« - Et si on ne peux pas sortir , vous m'autorisez à lui tirer une balle en plein c½ur ? »
demanda Ziva , mi- sérieuse , mi-amusée.
« - Bien sûr , mais essayez d'éviter quand même. Je vous rejoint dans pas longtemps. »
« - Ok Patron. »
Ils partirent alors vers les escaliers sous les regards interrogateurs des autres agents
qui se demandaient ce qui était en train de se tramer.
Ils les gravirent rapidement et arrivèrent devant le bureau de Cynthia.
La tension venait de monter d'un cran.
La jeune secrétaire , les voyant venir , prit son téléphone quand Tony l'arrêta en chuchotant.
« - Non Cynthia , il ne doit pas savoir que nous sommes là. »
« - Mais je suis obligée de le prévenir , il m'a bien fait dire de toujours le faire. » plaida t-elle.
« Cynthia , appréciez-vous Vance ? » demanda Ziva , en posant ses mains sur le bureau et
en fixant la secrétaire droit dans les yeux.
« - Non bien sûr que non , ce n'est pas un bon directeur et... » balbutia la jeune femme.
« - Parfait. Nous allons justement tout faire pour qu'il quitte cette place et c'est pour cela que nous sommes là.
Nous devons le prendre par surprise , sinon c'est fichu. » expliqua Ziva ,
d'une voix qui se voulait calme et rassurante.
« - Eh bien... »
« - Cynthia , si vous ne le faites pas pour nous , faites le pour Jenny. S'il vous plait. » essaya Tony.
« - Très bien. » dit-elle en reposant le téléphone.
Ils l'a remercièrent du regard avant de se tourner vers la porte du bureau.
Ils respirèrent profondément avant que Tony ne la pousse et qu'ils pénètrent à l'intérieur.
Malgré leur discrétion et leur petit pas , Vance les entendit pénétrer dans son bureau.
Il était installé sur sa chaise , tête plongé dans les dossiers ,
une tasse de café fumante à côté de lui.
Il releva la tête , observant tour à tour Tony et Ziva qui s'étaient placés devant lui.
« - Je me doutais que vous n'alliez pas m'écouter et que vous alliez revenir.
Seulement je n'en vois pas la raison. » dit-il d'une voix ironique.
« - Au contraire , je pense que vous savez très bien ce que nous voulons. » rétorqua Ziva.
« - Ah oui ? Si c'est pour que je vous reprenne , vous avez fait le voyage pour rien.
Ma décision était sans appel. » répliqua t-il d'une voix teigneuse.
« - On s'en était bien doutés. Ce que nous demandons , ce sont juste des explications.
Le pourquoi du comment de cette histoire en quelque sorte. »
« - Il n'y a aucune histoire là-dedans , votre imagination vous joue des tours mademoiselle David. » feigna t-il.
« - Faites moi rire ! Vous croyez que nous ne voyons rien de ce qu'il se passe ici peut être ?
Vous pensez que nous sommes aveugles et complètement débiles ? » s'emporta Tony.
« - Il ne se passe rien du tout.
J'estime simplement que l'équipe de l'agent Gibbs n'est pas apte à enquêter , et je suis seul juge ici. »
Ziva et Tony bouillonnaient de l'intérieur en constatant le calme olympien dont faisait preuve le directeur.
Ils se demandaient comment ce dernier pouvait rester de marbre.
« - Je vous rappelle que c'est vous qui avait confié cette équipe à Gibbs !
Vous saviez donc très bien ce qu'elle valait ! » s'exclama Ziva.
« - Seulement vous aviez quelque chose contre notre équipe et vous avez décidez de vous en débarrasser
et de laisser à notre patron une bande d'incapable. » ajouta l'italien , plus calme que sa partenaire.
« - Pourquoi aurai-je quelque chose contre vous ? » demanda Vance.
Sa voix se faisait moins assurée , il semblait redouté ce que les agents savaient sur lui.
Son masque de marbre s'estompait au fil des secondes et la pression montait.
« - Le nom de René Benoit vous dit peut être quelque chose ? » demanda Ziva , à présent sûre d'elle.
Ce fut le coup de grâce qui fit tomber l'immunité de Vance.
Des questions se bousculaient dans sa tête , dont une des plus capitale :
comment avaient-ils fait pour découvrir son lien avec René ?
Il les avait sous-estimés et c'est maintenant qu'il en prenait conscience ,
alors que peut de possibilité de sortie s'offrait à lui.
« - Comment savez-vous ?! » s'emporta t-il en se levant dans un mouvement brusque.
La porte grinça et Gibbs entra à son tour dans la pièce.
Son visage était dur et ses traits tirés. Il claqua violement la porte ce qui fit sursauter ses agents.
« - Nous avons fais des recherches dans ton dossier.
Tu pensais t'en sortir aussi facilement Leon ? Tu pensais sincèrement que j'allais abandonner mon équipe ?
Je te croyais plus malin que çà. Tu n'as pas pensé que nous rechercherions des choses pour te faire tomber ?
Eh bien si et nous avons trouvés une page dans ton dossier.
L'interrogatoire que tes amis et ta famille avait subit il y a 20 ans alors
que La grenouille ne se fondait pas encore dans le trafique d'armes.
Tu te souviens , quand tu avais été accusé de meurtre ? »
dit-il en mettant ses mains sur le bureau de Vance qui venait de se rasseoir.
« - Je ne comprend pas ... J'étais sûr d'avoir broyé cette feuille ! » marmona t-il.
« - Seulement tu oublies les copies sur ordinateur. Ce ne fut pas très compliqué à trouver. »
« - Nous avons même demandés à la fille de monsieur Benoit qui nous a confirmée
qu'elle vous voyait souvent avec son père. » ajouta Tony.
« - Vous êtes coincés maintenant.
Alors tout ce qu'on nous vous demandons , ce sont des explications. » finit Ziva.
Mille et une possibilités prenaient forment dans l'esprit de Vance , plus tordus les une que les autres.
Il était démasqué et la seule solution plausible pour lui était d'avouer , il le savait.
Mais bien sûr , ce ne serai pas à n'importe quel prix...
« - J'ai toujours été proche de René et de sa famille.
Nous nous sommes rencontrés par hasard à Paris et nous nous sommes vite liés.
J'ai vu sa fille naître et tout les grands moments de sa vie.
Quelques années plus tard , alors qu'il était dans le rouge financièrement ,
il m'a avoué l'idée de son trafique. Et je l'ai aidé , l'empêchant de se faire prendre ,
c'est pour cela que j'étais constamment avec lui dans son bureau à échafaudé des plans.
Puis Shepard s'en est mêlée , il y a eu cette mission avec l'agent Dinozzo.
J'ai vu cette famille souffrir à cause de tout cela et je me suis juré de tout faire pour les venger.
Ils avaient fait tant pour moi que je leur devais bien çà.
J'ai succédé à Jenny et j'ai vu là l'opportunité d'enfin avoir ma vengeance.
Alors je vous ai tous séparés , pour qu'à votre tour vous souffriez aussi comme ils ont pu le faire. »
Les trois étaient sous le choc de ces révélations même si ils s'y attendaient plus ou moins.
Vance profita alors de ce moment d'inattention pour saisir son arme ,
cachée sous son bureau et de la pointer vers eux.
L'effet fut immédiat. Les trois agents sortirent à leur tour les armes et fixaient le directeur dans les yeux.
« - Je ne pensais pas en venir à de telles extrémités , mais vous ne me laissez définitivement pas le choix... »
dit Vance d'une voix mauvaise.
Cynthia tapait fébrilement sur son clavier , stressée par les éclats de voix provenant du bureau du directeur.
Elle regrettait maintenant d'avoir laissée entrer Tony et Ziva et ensuite Gibbs ,
car elle avait peur de comment tournerait cette histoire.
Elle se doutait que Vance ne se laisserait pas faire ,
elle avait appris à le connaître pendant les quelques mois pendant lesquels elle avait travaillée avec lui.
Elle retrouvait cependant sa concentration , se perdant dans son travail quand un coup de feu retentit...
6 mois plus tard.
Un homme courait dans la rue , essayant de protéger tant bien que mal sa tête de
la pluie battante qui venait de le surprendre.
Son pantalon était mouillé et ses cheveux dégoulinaient d'eau.
Il se maudissait de ne pas avoir suivit le conseil de sa petite amie qui lui avait
laissée un papier en lui disant de prendre son parapluie.
Sur le coup , il avait bien rigolé en voyant le soleil éclatant de ce mois d'octobre ,
mais il n'avait pas prévu cette soudaine averse.
Il se doutait parfaitement qu'en arrivant sur son lieu de travail , elle lui rirait au nez...
Il passa en coup de vent la porte du grand bâtiment fédéral , en soupirant d'aise.
Il se secoua la tête , faisant tomber un millier de gouttelettes puis se recoiffa comme
il put avant de se diriger vers l'ascenseur d'un pas rapide car il était une nouvelle fois en retard.
Après un moment interminable ,
les portes s'ouvrirent enfin sur les bureaux d'où un brouhaha indescriptible s'échappait et
il put distinguer son collègue discuter avec une jeune femme dont il ne doutait pas de l'identité.
Il se rapprocha doucement mais McGee l'aperçu.
« - Ah tiens Tony ! Encore un retard ? » persifla t-il , moqueur.
« - Oh la ferme monsieur je-suis-en-train-de-draguer-Ziva ! » répliqua l'italien.
« - Ne serais-tu pas un peu jaloux ? » rétorqua la concernée en se retournant vers Tony.
Ce dernier lança un regard à travers les locaux , inspectant tout les bureaux d'un air suspicieux ,
vérifiant que son patron ne soit pas là avant de se rapprocher de sa partenaire.
« - Ca se pourrait bien... » répondit-il en approchant son visage du sien puis en l'embrassant.
« - Je vous rappelle que je suis à côté et que je vois tout ! » s'exclama McGee ,
gêné de la situation malgré qu'elle se répète tout les jours depuis 6 mois.
Les deux concernés se séparèrent en rigolant quand Ziva remarqua les cheveux et vêtements mouillés de son petit ami.
« - Mais tu es trempé ! Toi tu ne m'as pas écoutée... » remarqua t-elle , ironique.
« - Oh hein c'est bon , il faisait beau je pouvais pas deviner qu'il allait pleuvoir ! »
marmona t-il avant de s'asseoir à son bureau.
« - Si tu avais regardé la météo tu aurais pu Dinozzo ! » fit remarqué Gibbs qui venait juste d'arriver ,
un café à la main.
« - Ah bonjour patron ! Si je vais bien ? Oui bien sûr c'est super gentil de demander ! »
« - Tu es encore en retard. » dit le dénommé Gibbs , sans prêter attention à la remarque de son agent.
« - Cette fois-ci , ce n'est pas de ma faute ! » s'exclama l'italien.
« - Ah , et cette fois tu rejettes la faute sur qui ? » ironisa le patron.
Ziva fixa Tony droit dans les yeux , essayant de lui faire comprendre que si il disait quoique ce soit ,
il était dans de beaux draps , mais il y fit abstraction et annonçà , tout sourire :
« - Ziva. Elle n'a jamais voulue me laisser dormir si tu vois ce que je veux dire Patron. »
« - Je ne veux rien savoir de ce que vous faites en dehors du travail ,
et encore moins ce genre de renseignements ! » dit-il avant de s'asseoir.
Tony fit mine de bouder comme un enfant qui serait incompris tandis que Ziva et Tim se pliaient en deux ,
hilares.
Ainsi , la vie de nos quatre agents avait repris son cours normal ,
jonglant entre enquête de routine et d'autres plus développées.
Vance ne semblait être qu'un lointain passé , douloureux qu'ils ne préféraient plus aborder.
Ils étaient heureux , c'est à présent ce qui comptait le plus.
Gibbs avait en quelque sorte modifier la règle n°12 , autorisant les deux amoureux à être ensemble ,
mais sans pour autant altérer leur travail.
Malgré la routine revenue , tous se souviendraient de ce qu'ils s'étaient passés six mois plus tôt ,
dans le bureau de l'ancien directeur. Les employés des locaux pensaient connaître toute l'histoire ,
mais seuls Gibbs , McGee , Tony , Ziva et Cynthia connaissaient la vraie version...
6 mois plus tôt.
Cynthia tapait fébrilement sur son clavier ,
stressée par les éclats de voix provenant du bureau du directeur.
Elle regrettait maintenant d'avoir laissée entrer Tony et Ziva et ensuite Gibbs ,
car elle avait peur de comment tournerait cette histoire.
Elle se doutait que Vance ne se laisserait pas faire ,
elle avait appris à le connaître pendant les quelques mois pendant lesquels elle avait travaillée avec lui.
Elle retrouvait cependant sa concentration , se perdant dans son travail quand un coup de feu retentit...
Elle se leva précipitamment , surprise par le bruit sourd.
Elle se précipita vers la porte qu'elle ouvrit à la volée , s'attendant à la pire horreur.
Mais le spectacle qui se dessinait devant elle l'étonna encore plus.
Tony , Ziva et Gibbs étaient debout , face au bureau du directeur.
Seule Ziva avait encore son arme pointée dans la direction de directeur et semblait dans un état second.
La jeune secrétaire tourna la tête et aperçu le corps de Vance , étalé au sol ,
une balle lui traversant la poitrine.
Elle comprit alors ce qu'il venait de se passer mais ne put s'empêcher de demander , d'une voix tremblante :
« - Que s'est-il passé ? »
« - Légitime défense. Il avait son arme pointée vers nous , avec l'intention de nous tuer.
Je n'avais pas le choix. » plaida Ziva.
« - Cynthia , vous allez devoir nous aider.
Personne ne doit savoir que nous étions dans ce bureau à l'heure de sa mort. » dit Gibbs ,
posant sa main sur l'épaule de la jeune femme.
Elle ne tenta pas de répliquer , elle savait qu'ils avaient fait cela pour le bien.
Elle se contenta d'acquiescer dans un bref signe de tête , les mots se bloquant au creux de sa gorge.
« - Parfait. Ce serai simple , si on vous demande quoique ce soit ,
vous dites que personne n'est entrés dans cette pièce mais que , voulant donner un dossier au directeur ,
vous êtes entrée et vous l'avez découvert mort. Nous nous occuperons du reste. » La rassura t-il.
« - Mais vous , tout le monde a vu que vous êtes montés ! » s'exclama t-elle.
« - Nous demanderons au médecin légiste de bidouiller l'heure du décès,
ne vous inquiétez pas. Personne ne saura. »
En effet , après une semaine d'enquête , et avec l'aide de Ducky et d'Abby ,
l'équipe en charge de l'affaire conclut à un sniper professionnel mais ne surent pas précisément d'où venait le tir.
L'affaire en resta là.
Puis le nouveau directeur prit ses fonctions et tous furent étonnés de voir
qu'il s'agissait de Brent Langer , un ancien agent du FBI.
Ce dernier accepta de reprendre l'équipe de Gibbs ,
sachant très bien que c'était une des meilleures et muta donc les trois nouveaux dans une autre équipe.
Le plus dur fut de convaincre le directeur adjoint David ,
mais avec patience et motivation , il y parvint avec grande force de conviction.
Maintenant.
« - On est partis , Forneil vient de m'appeler , on a un meurtre à Bethesda ! » annonça Gibbs tout en se levant.
« - Enfin un peu d'action ! » s'exclama Ziva , ravie d'enfin sortir des bureaux étouffants.
Ils se précipitèrent tous dans l'ascenseur , souriant comme par le passé et surtout , ensemble.
Aujourd'hui , en ce jour du 22 octobre 2008 , les choses vont pour le mieux.
Les tribulations du passé semblent s'estomper avec le temps et c'est une équipe encore
plus soudée qu'auparavant qui part travailler par un matin ordinaire...